Module 5 Community ICT Centres for the Social and Economic Empowerment of Women

Table of Contents

      Introduction       1 Introduction aux concepts et au contexte             1.1 Qu'est-ce qu'un centre communautaire TIC?                   1.1.1 L'objectif sous-jacent d'un centre communautaire TIC                   1.1.2 Que suggère le nom?             1.2 Concepts et définitions liés à la sexospécificité             1.3 Pourquoi est-il important d'atteindre les femmes et les jeunes filles?             1.4 Note sur l'autonomisation des femmes             1.5 Note sur les changements technologiques       Chapitre 2: Comment les centres communautaires TIC peuvent-ils atteindre les femmes?             2.1 Environnement politique global             2.2 Principes directeurs pour une conception tenant compte des deux sexes             2.3 Eléments de conception, propres aux femmes, d'un centre communautaire                   2.3.1 Données et archives à ventiler selon le sexe                   2.3.2 La "réponse communautaire" du centre doit considérer et desservir les activités, les intérêts et les besoins d'information des jeunes filles et des femmes                   2.3.3 Mise au point des contenus et des supports de formation avec et pour les femmes                   2.3.4 Rendre le centre communautaire physiquement accessible aux femmes et aux jeunes filles                   2.3.5 Problèmes de protection de la vie privée et de sécurité             2.4 Questions d'administration et de viabilité financière                   2.4.1 Structures d'administration tenant compte de la problématique hommes femmes                   2.4.2 Financement du centre communautaire TIC: capital et frais de démarrage                   2.4.3 Modèles de financement et de recettes permettant d'assurer une tarification abordable et accessible                   2.4.4 Note concernant les redevances utilisateur différenciées selon les sexes             2.5 Liens avec les documents de référence       3 Répondre aux besoins éducatifs des femmes: emploi des TIC pour l'alphabétisation et l'apprentissage tout au long de la vie             3.1 Connaissances de base des TIC pour les femmes: apprentissage par la pratique             3.2 Liens entre les connaissances numériques et l'autonomisation socio-économique des femmes             3.3 Emploi des TIC pour promouvoir l'alphabétisation parmi les femmes             3.4 Liens entre l'alphabétisation et l'autonomisation des femmes             3.5 Capacité de calculer et connaissances financières       4 Au-delà de l'alphabétisation: l'appui des applications TIC aux activités entrepreneuriales et professionnelles des femmes             4.1 Accès à l'information et à la formation: du niveau rural au niveau national             4.2 TIC et financement électronique: nouvelles possibilités et dimensions             4.3 Commerce électronique, marchés et développement des petites entreprises             4.4 Autonomisation grâce à la mise en réseau             4.5 Liens avec les documents de référence       5 Lignes directrices à l'intention des ministères, des autorités chargées de la réglementation et du secteur privé             5.1 Analyse et évaluation de la problématique hommes-femmes dans la mise en place d'un centre             5.2 Lignes directrices à l'intention des autorités chargées de la réglementation             5.3 Liste de vérification à l'intention des fournisseurs de contenus et des formateurs             5.4 Liens avec les documents de référence, les outils en ligne et les guides       6 Cadres politiques sexospécifiques internationaux et régionaux             6.1 Cadres politiques internationaux             6.2 Cadres politiques régionaux       7 Observations finales       Credits       References       Annex I: Données chiffrées concernant l'usage de la technologie       Annex II: Case Studies: Community ICT centers and ICT applications that cater to women’s needs Case Studies

Introduction

Les deux premiers chapitres du prsent module dcrivent le contexte et soulignent la ncessit de disposer de centres communautaires TIC mieux adapts aux femmes. Ils plaident en faveur de politiques dynamiques et indiquent tape par tape comment il faut procder pour mettre sur pied des centres communautaires TIC qui soient cibls sur les femmes. Les Chapitres 3 et 4 contiennent des notes thmatiques et donnent des exemples des besoins des femmes en matire d'apprentissage et d'information, qui vont de l'alphabtisation des formations plus sophistiques. Ils montrent aussi comment ces utilisatrices s'approprient les outils TIC. Dans les deux derniers chapitres sont donnes quelques lignes directrices qui s'adressent aux dcideurs et aux responsables chargs de la rglementation, tant au niveau local que dans les sphres politiques internationales.

Paralllement, plusieurs sections des Chapitres 2, 4 et 5 renvoient d'autres rfrences et ressources documentaires, qui peuvent tre tlcharges partir du prsent module pour de plus amples informations.

Les annexes sont scindes en deux parties, la premire dcrivant en grandes lignes des donnes sexospcifiques sur l'emploi des TIC et la seconde comportant un choix de neuf exemples d'emplois de logiciel et de centres communautaires TIC travers le monde.

1 Introduction aux concepts et au contexte

Le Chapitre 1, par lequel dbute le prsent module, dfinit le centre communautaire TIC, introduit les concepts de sexospcificit et d'autonomisation des femmes et donne des informations sur l'accs mondial aux TIC et sur la fracture numrique entre les sexes.

1.1 Qu'est-ce qu'un centre communautaire TIC?

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) consistent en une large gamme de technologies employes pour la communication et le traitement des informations. Les centres communautaires TIC d'aujourd'hui disposent de locaux o est assur un accs public collectif aux TIC, essentiellement au moyen d'ordinateurs, de la radiodiffusion par satellite, de tlphones (fixes et mobiles) et de tlcopieurs.
Au cours des deux dernires dcennies, ces centres sont devenus importants en permettant d'amener concrtement les bienfaits des TIC jusqu'aux communauts dont l'infrastructure technologique est inapproprie et o le cot de l'accs individuel aux technologies est relativement lev. Ils permettent d'accder aux informations en surmontant les obstacles de la distance et du lieu. Ces centres peuvent, en facilitant cet accs, renforcer la cohsion sociale et les contacts sociaux.
On peut, ds le dpart, concevoir ces centres pour fournir des services numriques et hertziens, ou, alternativement, intgrer la numrisation et la connectivit dans un centre d'information ou d'apprentissage existant. Idalement, les centres communautaires TIC ne devraient pas fonctionner comme des stations d'informations isoles, mais devraient plutt, comme leurs noms le suggrent, tre intgrs aux installations et aux institutions existantes, telles que les centres de sant, les coles, les bibliothques et d'autres centres, o sont fournis divers services la communaut. Il existe de nombreux modles diffrents pour ce genre de centres, et le prsent module va tenter d'en dcrire quelques-uns, en particulier ceux qui sont dlibrment orients vers les femmes.

1.1.1 L'objectif sous-jacent d'un centre communautaire TIC

Bien que les centres communautaires TIC diffrent d'un endroit l'autre, leur objectif commun est d'assurer le dveloppement communautaire, en rduisant la fracture numrique l'aide des technologies de communication et de calcul. En fournissant une connexion directe aux utilisateurs, ils peuvent jouer un rle important dans le "renforcement communautaire". Les nouvelles TIC sont particulirement utiles lorsqu'il s'agit de traiter des demandes groupes au niveau communautaire. Elles sont suffisamment polyvalentes pour rpondre non seulement aux diffrents besoins des divers groupes sociaux mais aussi aux demandes varies des diverses personnes d'une communaut. La russite de projets pilotes a permis de dmontrer que divers modles peuvent tre adopts pour rpondre efficacement aux besoins en information et en communication d'une communaut entire. Pour rester pertinents et viables, ces centres communautaires TIC devront s'adapter l'volution des technologies.

Les centres de communication et les centres communautaires TIC associs peuvent devenir plus que de simples points d'accs l'information, la formation et au commerce. Le local lui-mme peut devenir un lieu de communication et d'apprentissage beaucoup plus tendu. Notre vision des centres communautaires TIC doit voluer en fonction de l'volution des technologies. L'enjeu n'est pas uniquement une affaire de tlcommunications, il concerne le renforcement communautaire et la fourniture d'un accs gal pour tous.

1.1.2 Que suggère le nom?

Les centres communautaires TIC sont dsigns de diverses faons: tlcentres ou centres de tltravail, centres d'accs publics l'Internet, centres de savoir de village, centres d'information, centres communautaires techniques, centres communautaires multimdia, tlcentres communautaires polyvalents, centres de services communs/publics et tlcentres en milieu scolaire.

La perception par le public de ce qu'est un centre communautaire TIC peut dpendre du nom qui lui est donn. Les centres, qui sont avant tout des points d'accs publics, peuvent tre considrs dans certains pays ou dans certaines cultures comme ne convenant pas aux femmes ou aux jeunes filles, et la faon de les dsigner importe donc. Par exemple, l'emploi d'un mot tel que caf pourrait ter l'envie aux femmes camerounaises de se rendre au cybercaf local parce que les femmes en gnral ne frquentent pas les cafs. Le dsigner sous le nom de boutique a plus de chance d'attirer les femmes, donc cyberboutique est un terme employ Douala par les centres qui cherchent attirer une clientle des deux sexes. De mme, l'emploi du terme centre d'information, plus neutre, peut tre mieux accueilli par le public.

Pour information: La terminologie relative aux tlcentres existant en Inde

En Inde, le concept de tlcentre, en tant que modle d'accs public permettant de rendre divers services, fait l'objet d'un intrt grandissant. Les tlcentres rpondent de nombreux besoins en fournissant toute une gamme de services, notamment des services ducatifs, des services d'informations agricoles ou des services fournis par l'administration publique aux citoyens. Ils sont dsigns sous les noms suivants: centres de tltravail, tlcentres, kiosques d'information, e-Sewa kendras (centre de services lectroniques), e-Chaupals (points de rassemblement lectronique), e-Haats (march lectronique), centres de savoir de village (VKC, village knowledge center), centres de ressources de village (VRC, village resource center), Mahiti Manthana, centre d'informations communautaires (CIC), centres de services communautaires (CSC), centres multimdia communautaires (CMC), etc. Cette terminologie trs diversifie peut tre dconcertante, mais elle rend compte de la pluralit et de la diversit de l'intrt pour les tlcentres.

L'infrastructure des tlcommunications s'tant dveloppe l'chelle mondiale, les centres communautaires TIC ont t de plus en plus nombreux. Telecentre.org, qui est une organisation engage dans le soutien et l'amlioration des tlcentres l'chelle mondiale, a cr et a appuy des centaines de rseaux et d'organismes, reprsentant environ 80000tlcentres et prs de 40 millions d'utilisateurs de par le monde1.

L'analyse des utilisateurs montre systmatiquement que, dans la plupart des pays, l'usage de l'Internet est le plus rpandu chez les jeunes de moins de 24 ans et diminue avec l'ge2. Toutefois, cette tendance sera probablement moins marque avec le temps et finira par disparatre, ds lors que les jeunes gnrations qui grandissent avec l'Internet continueront en faire usage jusqu' l'ge adulte.

1Telecentre.org a t cr en 2005 par le Centre de recherches pour le dveloppement international du Canada, par Microsoft et par l'Agence suisse pour le dveloppement et la coopration (http://www.telecentre.org/notes).

2Union internationale des tlcommunications (2010), Mesurer la socit de l'information (http://www.itu.int/ITU-D/ict/publications/idi/2010/Material/MIS_2010_without%20annex%204-e.pdf).

1.2 Concepts et définitions liés à la sexospécificité

Le terme sexospcificit renvoie aux rles, aux responsabilits, aux relations et aux identits, qui sont dfinis pour ou qui sont attribus aux hommes et aux femmes au sein d'une culture, d'une socit ou d'un contexte donn. L'galit des sexes renvoie l'galit des droits, de la parole, des responsabilits et des opportunits pour les hommes et pour les femmes dans la socit. Le traitement quitable des sexes, hommes et femmes, concerne leur accs aux ressources, aux bienfaits et aux opportunits dans la socit. Les disparits entre les sexes renvoient aux diffrences sociales entre les hommes et les femmes, qui sont juges non souhaitables.

Un ensemble complet de termes et de dfinitions de base, lis la sexospcificit et aux TIC, est donn dans la brochure Mthodologie d'valuation du genre pour Internet et les TIC. Il s'agit d'une ressource importante pour tous les lecteurs:

http://www.apcwomen.org/gemkit/en/understanding_gem/genderanalysis.htm#jump11

L'examen des rles des sexes peut conduire une meilleure comprhension des diffrences entre les femmes et les hommes, s'agissant de l'emploi des TIC et de son impact. Quelques exemples de questions qui se posent en termes de sexes sont donns ci-aprs:

• Dans une communaut donne, qui prend les dcisions du mnage? D'o proviennent les informations?

• Dans une communaut donne, les femmes et les hommes, les jeunes filles et les jeunes gens utilisent-ils parts gales les quipements Internet situs dans une bibliothque ou dans un tlcentre?

• Dans les centres TIC publics, les hommes visitent-ils des sites pornographiques et violents, rendant les femmes mal l'aise dans un tel environnement?

• Dans un organisme de dveloppement, y a-t-il une diffrence entre les sexes de ceux qui utilisent/s'approprient le courrier lectronique et de ceux qui ne le font pas? Existe-t-il une adresse lectronique publique commune attribue une catgorie infrieure de membres du personnel, gnralement des femmes, en parallle avec les adresses lectroniques prives de la direction, gnralement des hommes?

Pour information: Le manque d'informations peut contribuer une prise de dcision du mnage essentiellement masculine.

Lors d'enqutes au Ghana et au Kenya, les chercheurs ont observ que les femmes avaient moins tendance que les hommes dire qu'elles taient seules prendre des dcisions concernant les questions du mnage, notamment:

• L'pargne ou l'emprunt.

• La vaccination.

• Les dpenses du mnage.

• Les virements d'argent effectus des membres de la famille ou d'autres ou reus d'eux.

• La consultation l'hpital ou chez un mdecin.

• La contraception (au Ghana seulement; au Kenya, les femmes avaient plutt tendance dire que la dcision finale leur appartenait).

• Les soins de sant personnels ou de la famille.

Lorsque les femmes accdaient aux informations, c'tait principalement par les journaux, la radio et le bouche oreille. Aucune donne sur l'emploi des TIC n'a t recueillie au cours de l'enqute.

Source: www.audiencescapes.org.

Dans la section 5 de la brochure Mthodologie d'valuation du genre sont donns plus de dtails sur la faon de mesurer et d'aborder ces types de diffrence.

1.3 Pourquoi est-il important d'atteindre les femmes et les jeunes filles?

La rponse simple cette question est que l'audience des femmes et des jeunes filles doit sciemment tre recherche, parce qu'elles reprsentent la plus grande partie des laisss‑pour‑compte, que ce soit en matire d'alphabtisation ou d'accs aux informations, de services de sant et de services financiers, ou d'autonomisation socio-conomique en gnral. Les femmes et les jeunes filles forment la majorit de la population illettre dans le monde et risquent davantage d'tre fortement marginalises dans des socits conservatrices qui limitent leurs dplacements et leur parole.

Outre la fracture numrique entre les rgions dveloppes et les rgions en dveloppement, il subsiste toujours des ingalits entre les sexes, faisant que les femmes et les jeunes filles ont un accs plus rduit aux TIC que les hommes et les jeunes gens. Les raisons en sont nombreuses, allant de la discrimination caractrise envers les femmes aux restrictions de leurs mouvements ou au fait que concrtement les femmes ont souvent moins de temps libre ou de revenus leur disposition. Les femmes et les jeunes filles de communauts marginalises ont tendance tre particulirement moins engages. Des nombreux prjugs sociaux ou culturels existent encore de par le monde. La technologie est parfois considre comme ne prsentant un intrt que pour les hommes et les jeunes gens. Ou bien, on pense tort que les femmes ne sont pas intresses ou sont incapables d'apprendre comment employer les techniques informatiques. Le plus souvent, les faibles niveaux d'alphabtisation et d'ducation gnrale prsentent un obstacle important, tandis que le manque de libert et de dcision peut aussi restreindre leur accs. A l'Annexe I sont prsentes diverses donnes dmontrant les diffrences qui existent entre les hommes et les femmes aux niveaux national et mondial, pour ce qui est de l'accs l'Internet.

Si les femmes continuent tre exclues du savoir et des services TIC, elles seront de plus en plus marginalises, la disparit entre les sexes s'aggravera et bien des avantages indirects lis l'autonomisation des femmes et l'galit des sexes ne pourront se faire sentir. Les centres communautaires TIC peuvent faire obstacle cette tendance ngative actuelle. S'ils sont planifis et raliss comme il convient, ils peuvent efficacement aider les femmes lire et crire et compter, lancer et mettre sur pied leurs propres affaires, assurer leurs moyens d'existence et devenir socialement et politiquement actives.

La promotion de l'galit des sexes par le moyen d'un accs accru aux TIC peut amliorer l'accs aux informations des femmes et des jeunes filles et la communication d'informations par elles, malgr les restrictions de leurs mouvements et les contraintes culturelles auxquelles elles doivent faire face. Elles peuvent largir leurs comptences et en consquence leurs activits conomiques. Ces comptences peuvent leur permettre de dcouvrir et d'exploiter de nouvelles opportunits commerciales, de crer leurs propres entreprises, d'accder de nouveaux marchs qui ncessitent des investissements en capitaux et d'accder une gamme de ressources, notamment le microfinancement. Les sections 3.2 et 3.4 ainsi que le Chapitre 4 dtailleront ces liens.

Pour information: Les TIC et les atouts des adolescentes

  1. PLAN Canada3cite sept raisons pour lesquelles l'accs la technologie peut contribuer lutter contre les ingalits entre les sexes et donner des atouts aux filles:

    1) Maintenir le contact avec les autres, ce qui rduit leur isolement dans les pays o c'est un problme.

    2) Approfondir leur ducation et acqurir de nouvelles comptences.

    3) Prendre une part active la vie de leur communaut et de leur pays.

    4) Obtenir les comptences ncessaires pour trouver un emploi.

    5) Acqurir des comptences et des connaissances spcifiques sur des sujets dont elles auraient pu tout ignorer, tel que le VIH/sida.

    6) Il a t dmontr qu'apprendre manier ces nouvelles technologies peut conforter la confiance en soi.

    7) Enfin et surtout tre en scurit.

3Plan International (2010) Because I am a Girl

1.4 Note sur l'autonomisation des femmes

En rendant les femmes plus autonomes, on veut surtout renforcer leur capacit grer les dcisions qui influencent leurs vies. Il s'agit pour elles d'accder aux informations, aux ressources, aux prises de dcision, la rpartition des bnfices, et de les matriser. Pour les femmes qui peuvent accder aux TIC et peuvent les employer, cela peut vouloir dire accder aux informations sur l'ducation, sur la sant, sur les droits publics et privs, ainsi qu'aux informations sur les sources de revenus et sur les marchs. Les participants la runion de la Division de la promotion de la femme de l'ONU en novembre 20024ont formul cela en disant que lorsque l'environnement est favorable, les TIC peuvent conduire de diverses faons l'autonomisation sociale, politique et conomique des femmes.

Mme si l'on se rend mieux compte de la diversit des origines des changements sociaux, une hypothse, sous-jacente une grande part de la rflexion politique, est celle selon laquelle la croissance conomique est la principale responsable du changement dans les relations hommes-femmes. Ceci n'est vrai qu'en partie. Tandis que l'volution sociale qui a influenc la vie des femmes, peut tre associe au dveloppement conomique, elle ne dcoule pas uniquement de la croissance conomique. Certains pays, dont les revenus par habitant sont comparables, tels que la Sude et des Etats du Golfe, le Qatar, l'Arabie saoudite et le Kowet, prsentent d'importantes disparits en ce qui concerne les droits et le statut des femmes. De mme, les variations considrables du taux d'emploi des femmes ne sont pas toujours corrles au produit intrieur brut, les taux les plus faibles tant enregistrs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Parmi les nombreux facteurs qui sont l'origine du changement de statut socio-conomique des femmes ou acclrent celui-ci, il convient de mentionner l'action raisonne, grce aux rformes d'tat et aux mouvements sociaux. Cela apparat clairement lorsque nous examinons les dernires dcennies du vingtime sicle, qui ont t marqus par d'importants progrs dans les politiques appliques au niveau international l'gard des femmes. Le mouvement fministe de la deuxime vague s'est joint aux efforts des organismes humanitaires et des organismes de dveloppement l'chelle internationale pour imposer d'importants changements dans les droits des femmes. Au dbut des annes 90, la plupart des Etats avaient sign le Programme d'action et la Convention sur l'limination de toutes les formes de discrimination l'gard des femmes (CEDAW) et avaient pris des engagements en faveur de l'galit des femmes5.

4Information and communication technologies and their impact on and use as an instrument for the advancement and empowerment of women. Expert Group Meeting Republic of Korea, 11 - 14 November 2002

5Beijing Plus 10: An ambivalent record on gender justice by Maxine Molyneux and Shahra Razavi

1.5 Note sur les changements technologiques

De l'avnement de l'ordinateur personnel il y a bientt 30 ans l'explosion de l'Internet au cours de la dernire dcennie, chacune des nouvelles avances dans les technologies de l'information a chang la manire dont les personnes, les communauts et les organismes peuvent communiquer, se connecter et se coordonner entre eux.

Les prochaines avances dans les changements technologiques vont continuer rendre les ordinateurs plus abordables, plus portables, plus puissants et plus simples d'emploi. Les obstacles tels que le cot, l'accs matriel et la connaissance de techniques spcialises vont continuer tre rduits, rendant ces technologies plus accessibles un plus grand nombre de gens. Sans doute, ces facteurs amlioreront-ils l'accs des utilisateurs femmes.

Au Forum sur les meilleures pratiques des TIC, qui a eu lieu en Afrique en avril 2008, le Prsident-Directeur gnral de Microsoft a rsum comme suit les tendances sur le plan technologique:

• une plus grande puissance de traitement dans des appareils plus petits;

• une augmentation spectaculaire des capacits de mmoire des appareils et des centres de donnes travers le monde;

• des rseaux hertziens large bande plus rpandus, permettant aux gens d'exploiter de presque partout la puissance de traitement et le stockage d'informations;

• des interfaces utilisateur naturelles, plus courantes et plus conviviales, o il est tir parti de la voix, de l'criture et de la gestuelle;

• des crans et appareils de projection plus lgers, meilleurs et plus abordables.

Tous ces dveloppements technologiques pourraient avoir des consquences positives pour les centres communautaires TIC. En attendant, l'emploi accru des technologies hertzienne et mobile a dj une incidence considrable l'chelle mondiale. La technologie mobile amliore l'accs aux informations, en raison des cots d'entre relativement faibles lis la possession et l'utilisation d'un tlphone portable, mais aussi en raison du niveau plus lev des investissements dans l'infrastructure de tlphonie mobile dans les conomies mergentes. Les tlphones portables seront de plus en plus employs mesure que leur capacit se rapprochera de celle des ordinateurs.

Partout, les villes et les rgions s'orientent vers les technologies hertziennes. Kigali, au Rwanda, par exemple, est sur le point de devenir cette anne la premire capitale en Afrique ayant des points d'accs l'Internet sans fil6. Les technologies hertziennes permettent maintenant aux centres communautaires TIC d'tre mobiles et d'atteindre un plus grand nombre d'utilisateurs, comme c'est le cas avec les motocycles trois roues (eTrike) aux Philippines7. Elles permettent aussi de rduire les cots, dans certains cas, grce au partage des connexions l'Internet. Les nombreux usages des applications hertziennes ne peuvent tre surestims et les tudes de cas dans les chapitres suivants illustreront ce point plus en dtail.

Pour information: Technologies hertziennes au service des moyens d'existence et des microentreprises – Rapport de la CNUCED

Dans l'Information Economy Report 2007-2008 de la CNUCED (Rapport 2007-2008 sur l'conomie de l'information), il est observ que tant les tlphones portables que les tlcentres contribuent aux moyens d'existence dans les pays en dveloppement. Cette tude illustre, l'aide de deux exemples prcis, comment les TIC contribuent rduire la pauvret: 1) grce aux tlphones portables qui permettent de diriger des microentreprises en Afrique; 2) grce la cration de tlcentres au profit des communauts pauvres.

En Afrique, le nombre de nouveaux abonns la tlphonie mobile en 2006 s'levait 50millions et on estime qu'en 2007 le nombre total d'abonnements avait atteint 200 millions. Ces tlphones portables sont devenus des points d'accs indispensables la socit de l'information. La tlphonie mobile est un outil essentiel pour le partage de l'information et des renseignements et elle permet aux mnages et aux communauts d'tre connects.

Pour comprendre comment les tlcentres contribuent aux moyens d'existence des pauvres, la CNUCED a enqut sur un certain nombre de tlcentres au Bangladesh et en Inde. L'enqute a permis d'valuer quels taient les services qui taient assurs par les tlcentres, qui bnficiait de ces services et quels taient les facteurs cls environnementaux et institutionnels qui permettaient aux tlcentres d'aider les pauvres amliorer leur niveau de vie. Les rsultats indiquent que la plupart des tlcentres donnent la priorit la fourniture d'un accs aux TIC et l'acquisition des comptences de base en la matire. Les tlcentres sont, dans le cadre du type de services offerts, avant tout employs des fins d'information et d'ducation8. Dans le rapport sont abordes, au moyen d'tudes de cas dans des pays tels que le Chili, les diffrences entre les sexes pour ce qui est de l'accs aux tlcentres, ainsi que la difficult d'enregistrer les donnes utilisateur ventiles par sexe et d'y accder.

Pour information: Enqutes au moyen de tlphones portables, destines la surveillance et la collecte de donnes

Des tlphones portables de base, quips d'une application sur mesure, l'EpiSurveyor, ont t utiliss lors d'une tude pilote mene en juin 2010 Mpika, en Zambie, laquelle participaient des volontaires locaux, tous des femmes. Les tlphones servaient recueillir des informations sur le bien-tre des colires. En appuyant simplement sur les touches des tlphones, les femmes enregistraient les rponses qui taient immdiatement transmises Lusaka, la capitale. Ayant appris se servir du logiciel rapidement, elles terminaient chaque questionnaire en tout juste 2 3 minutes. Elles transfraient ensuite, au moyen de signaux cellulaires, les donnes pour analyse vers une base de donnes centrale.

Source: http://news.camfed.org/us/2010/07/innovating-with-cell-phones-to-help-girls-stay-in-school/

6Telecenter.org. (January 2010). Kigali to become a wireless city. (http://www.telecenter.org/profiles/blogs/kigali-to-become-a-wireless)
7Le tricycle moteur (eTrike) est un tlcentre hertzien, mobile, autonome, qui se dplace au sein des communauts urbaines Manille et permet aux jeunes d'accder aux nouvelles technologies TIC numriques, des leons d'informatique de base et une introduction l'Internet.Mobile telecenters Philippines –eTrike(http://www.mobiletelecenters.com/).
8http://unctad.org/en/docs/sdteecb20071_en.pdf

Chapitre 2: Comment les centres communautaires TIC peuvent-ils atteindre les femmes?

Dans ce chapitre sont tudis certains aspects concernant les bonnes pratiques, qui s'articulent autour des quatre thmes suivants:

1) Environnement politique global

2) Principes directeurs visant tenir compte des deux sexes

3) Elments de conception, adapts aux femmes, d'un centre communautaire TIC

4) Questions d'administration et de viabilit financire du centre.

2.1 Environnement politique global

Le dveloppement des TIC et les bienfaits dont peuvent bnficier les femmes qui les emploient dpendent de la capacit des pays et des rgions appliquer des politiques efficaces, dynamiques et dlibres, qui favorisent l'intgration sociale des femmes dans toutes les sphres d'activits socio-conomiques et dans la prise de dcision.

En l'absence de politiques dlibres, la diffusion et l'utilisation des TIC et leurs bienfaits escompts peuvent en fait exacerber les diffrences en matire de revenus et la fracture conomique existantes, les couches les plus pauvres de la population tant davantage marginalises, exploites et appauvries.

La russite d'un centre communautaire TIC exige plus qu'une infrastructure des tlcommunications. Elle exige des programmes d'appui cibls, appliqus par les gouvernements, par le secteur priv et par les ONG, pour former les utilisateurs, les oprateurs et les fournisseurs de services9. Afin qu'ils puissent tre pleinement mis profit, les centres communautaires TIC ont besoin d'un environnement politique qui prenne en charge les systmes et les politiques convenant leur viabilit. Par exemple, ces politiques devraient assurer un traitement quitable des sexes au cours de la procdure de mise en œuvre, promouvoir des politiques de prix favorisant les services des centres communautaires et mettre en place des mesures d'incitation l'investissement pour un accs universel. Si les dcideurs souhaitent donner la priorit l'accs universel, ils doivent se concentrer sur les demandes de leurs populations rurales et priurbaines.

Un centre communautaire parfaitement au point est aussi un outil inestimable pour le rle que les gouvernements entendent jouer dans les conomies d'aujourd'hui. En s'habituant frquenter ces centres et employer les services et les informations disponibles sur le web, ces citoyens apprcieront de plus en plus les services publics fournis par le gouvernement au moyen des TIC.

Bien que des politiques l'chelle internationale et nationale existent en faveur de l'galit des sexes et de l'accs universel aux TIC, peu nombreuses sont celles qui considrent ensemble, de manire coordonne, les TIC et la problmatique hommes-femmes. L'absence de projets et de programmes pour les TIC, fonds sur l'galit des sexes, augmente le risque d'accrotre la "fracture numrique entre les sexes". Les dcideurs, conjointement avec les dfenseurs de la cause des femmes et des TIC, doivent tre conscients de l'impact profond (positif ou ngatif) que peut avoir la gestion de la problmatique hommes-femmes. Une approche des questions des TIC tenant compte de cette problmatique est essentielle si l'on veut combler la fracture numrique. Puisque les TIC sont de plus en plus un lment central de la vie conomique, politique et sociale, elles sont aussi un lment central de la promotion de l'galit des sexes.

L'engagement politique, en ce qui concerne les mesures et les rglements appliquer, joue un rle essentiel lorsqu'il s'agit de dterminer si et quand les TIC vont tre mises la disposition de toutes les couches de la socit civile, et en particulier des communauts pauvres, rurales, disperses ou marginalises. Dans une mise en place progressive de l'accs aux TIC, o il est tenu compte de l'autonomisation des femmes, il faudrait considrer l'accs aux TIC comme tant un "droit disposer des capacits offertes". Ces couches de la population peuvent, en s'appropriant les TIC, faire reconnatre le bien-fond de leurs proccupations, demander des comptes aux organismes publics et explorer de nouvelles plates-formes permettant de renforcer la solidarit, d'apprendre et de partager le savoir. Les lignes directrices du Chapitre5 donnent aux dcideurs d'autres critres employer lors de l'laboration des politiques.

Une dmarche en termes de biens publics est essentielle pour que les femmes et les groupes de femmes accdent aux TIC, et mettent profit les possibilits de la nouvelle cologie de l'information et de la communication pour poursuivre leur lutte, qu'elle concerne le droit l'information, le droit aux moyens d'existence, le besoin d'ducation dans des langues locales, les initiatives actuelles de radiodiffusion communautaire ou l'accs aux services locaux. Les instruments de financement public et les accords institutionnels qui rpondent frontalement ces besoins fondamentaux sont essentiels pour que soit assur, par l'intermdiaire de l'accs aux TIC, le droit des femmes disposer des capacits offertes.

Le dveloppement socio-conomique dpend de la capacit produire, absorber et diffuser le savoir et la technologie. Le savoir et la technologie sont susceptibles d'apporter des bienfaits un grand nombre d'utilisateurs, les bienfaits dont bnficie l'un quelconque d'entre eux ne diminuant en rien ceux dont bnficient les autres. Le savoir est souvent considr comme un bien public, mais la question est plus complexe qu'il n'y parat de premier abord. Plusieurs conditions importantes doivent tre remplies. Ces conditions sont essentielles lorsqu'il s'agit, tant au niveau national qu'international, d'laborer des politiques appropries permettant d'acclrer et d'orienter l'innovation10.

Pour information: Dfinition de la viabilit et des biens publics

La question fondamentale lorsque l'on veut atteindre les femmes pauvres n'est pas celle du profit, mais plutt celle de la cration d'un ensemble de services et de produits s'appuyant sur la technologie, qui leur permettront de s'engager dans de nouvelles voies. Se concentrer sur la viabilit financire plutt que sur les capacits de transformation et de dveloppement des TIC pourrait nuire l'objectif de l'accs universel.
Les gouvernements et les ONG doivent pareillement considrer l'conomie des centres de communication du point de vue de la justice et de l'quit. La fourniture des informations au public doit se faire sur une base comptable plutt que sur celle du profit. Les investissements initiaux, ncessaires la cration d'un tlcentre, commenceront tre rentables ds lors que les informations commenceront avoir des influences positives sur la communaut, en termes de bien-tre socio-conomique ainsi que de transformation dans les relations sociales aux niveaux de la communaut et du mnage, et que les femmes et les pauvres commenceront tirer parti des informations et des infrastructures de communication.
Les chercheurs font une diffrence entre la viabilit conomique (ralise lorsqu'un niveau donn de dpenses peut tre maintenu dans le temps), la viabilit sociale (ralise lorsque l'exclusion sociale est rduite son minimum et que l'quit sociale atteint son maximum) et la viabilit institutionnelle (ralise lorsque les structures et les processus sont en mesure d'assurer leurs tches dans la dure). La viabilit conomique est un indicateur cl de la russite d'un projet parce qu'elle est considre comme rendant compte d'une vritable demande de service. En mme temps, dans de nombreux projets de dveloppement, les donateurs financent la diffusion d'informations comme un bien public. Comme nonc 11 , la nature de la viabilit d'un tlcentre est complique de par le fait qu'il peut initialement tre un bien public, en particulier dans les zones dfavorises, et doit en dernier ressort tre autosuffisant.
De nombreux travaux de recherche sur la viabilit conomique ont t publis, en particulier concernant les initiatives en matire d'accs aux informations, telles que les tlcentres ou les kiosques d'information, dont les cots de mise en place et de maintenance sont levs et dont les clients disposent de peu d'argent liquide. Les objectifs compliqus que sont la fourniture de services d'information comme un bien public et le fait de les rendre autosuffisants se sont avrs trs difficiles concilier. Peu d'initiatives ont russi rentrer dans leurs frais, mme lorsque des mcanismes de taxation viables avaient t mis au point.

Une coordination fonctionnelle entre les divers ministres publics et autorits locales est essentielle pour que puisse tre cr un environnement politique propice. La mise en place d'une quipe spciale charge de la politique des TIC peut aussi contribuer rassembler les parties intresses de tous les ministres concerns, tels que ceux de l'ducation, des tlcommunications, de la condition fminine et de la jeunesse, de l'industrie et du commerce, etc.

9(…) la plupart des programmes d'accs universel qui donnent la priorit la fourniture de l'accs l'Internet dans les zones rurales se concentrent exclusivement sur le dploiement des infrastructures. Des tudes montrent, toutefois, que les programmes de centres communautaires Internet les plus aboutis sont ceux qui ds leur cration sont lis une vaste gamme de programmes de renforcement des capacits et de programmes d'appui, mis en œuvre conjointement par les entits gouvernementales, par les communauts locales, par les entreprises et par les ONG. La russite des programmes d'accs universel ne dpend pas seulement de la disponibilit et du caractre abordable des infrastructures, mais aussi de la disponibilit et de la qualit des applications et du contenu appropris ainsi que du niveau de formation des utilisateurs, des oprateurs et des fournisseurs de services.Tendances des rformes dans les tlcommunications 2007: La route vers les rseaux de prochaine gnration (NGN), Genve, Union internationale des tlcommunications.

10See UNIDO’s 2008 report “Public Goods for Economic Development” http://www.unido.org/fileadmin/user_media/Publications/documents/Public%20goods%20for%20economic%20development_sale.pdf

11See Connecting the first mile: a framework for best practice in ICT projects for knowledge sharing in development for further discussion Surmaya Talyarkhan Best practice framework http://practicalaction.org/docs/icts/ict_best_practice_framework.pdf.

2.2 Principes directeurs pour une conception tenant compte des deux sexes

Deux principes fondamentaux devraient guider la mise en place d'un centre communautaire TIC intgrant les besoins des femmes et des jeunes filles: l'engagement communautaire participatif et le dveloppement de partenariats.

Principe I: L'engagement communautaire participatif

Ds le dpart, la participation active des femmes et ses jeunes filles au processus de conception et de mise en place d'un centre communautaire TIC, garantira que ses services, son emplacement et sa gestion tiennent compte des besoins de cette catgorie d'utilisateurs et y rpondent. L'engagement participatif doit aussi donner aux femmes et aux jeunes filles la possibilit relle que leurs ides concernant la conception, la mise en place et l'exploitation du centre soient prises en compte part gale, et donc que leur sens de la "proprit" et de l'"appartenance" soit renforc. Les mthodes participatives peuvent inclure des entretiens en tte--tte ou en groupe, des discussions de groupe, des enqutes sur les besoins, des manifestations de proximit ou la diffusion de communications (par radiodiffusion, par voie d'affiche, etc.). La concertation permanente avec la communaut est essentielle pour que le centre communautaire TIC soit adapt aux besoins de la communaut qu'il dessert.

Les principaux reprsentants de la communaut devraient aussi tre impliqus afin que la participation de la communaut soit la plus forte possible. Devraient participer des enseignants, des directeurs d'cole, des chefs religieux, des reprsentants des administrations locales et d'autres personnalits locales. Plus la participation sera forte, plus la communaut se sentira propritaire du centre. Parmi d'autres parties prenantes possibles, on peut notamment citer les ONG, les coopratives agricoles et les entreprises.

Pour information: Un outil d'analyse rurale simple employ en Inde

En Inde, l'organisme Change Initiatives a mis en place, des fins stratgiques, un systme d'information sur le web au profit des femmes pauvres de Baduria, une rgion rurale dans le district du 24 Parganas Nord de l'Etat indien du Bengale occidental. En 2002, proccup par le manque de pntration des TIC au sein de la population rurale pauvre, Change Initiatives a observ que l'absence d'informations et d'un mcanisme de partage d'informations parmi les femmes pauvres avait diminu leur capacit subvenir leurs besoins lmentaires, restreint leur prise de conscience et frein leur dsir de surmonter les obstacles qui limitaient leur participation dans la socit.

Ces conclusions avaient t dduites d'une enqute mene au sein d'ONG de femmes et de groupes d'entraide dans les rgions rurales du 24 Parganas Nord. Pour ce projet, qualifi "Nabanna", Change Initiatives a mis au point un nouvel outil d'analyse rurale participatif qui lui a permis de demander aux candidates de tenir un journal. Ces journaux ont t un moyen efficace pour valuer les besoins, tout en tant un moyen de s'exprimer.

Le personnel, les formateurs et les administrateurs devraient tre issus de la communaut. Confier la direction ceux qui comprennent la communaut et son contexte (par exemple son histoire, ses besoins actuels, ses principales activits, son cadre culturel, etc.) ne peut qu'amliorer l'impact et l'intgration. Au Cambodge, par exemple, au dbut du projet projet iREACH, il a t trs difficile d'attirer les femmes, et plus forte raison de les encourager se porter candidates aux lections intermdiaires de comits de gestion. Mais, aprs avoirparticip au projet iREACH pendant un certain temps, les femmes se sont senties plus l'aise et se sont portes candidates aux lections des comits, ce qui a conduit une forte comptition pour le quota de siges rserv aux femmes12.

Principe II: Le dveloppement de partenariats et l'tablissement de liens communautaires

L'"image publique" du centre communautaire TIC devrait tre accueillante pour les jeunes filles et les femmes. Le centre communautaire TIC devrait tablir et maintenir des relations de travail avec les agences qui travaillent avec et pour les femmes et devrait tre au service de ces agences. Les administrateurs du centre devraient connatre le fonctionnement des autres tablissements (par exemple les coles, les hpitaux, les dispensaires) et des autres organismes au service de la communaut, afin de dterminer comment le centre TIC pourrait travailler de concert avec eux.

L'tablissement de liens communautaires forts renforcera l'intgration et la porte du centre. Par exemple, si une formation est assure sur les techniques informatiques de base et sur la faon de trouver un emploi, le centre pourrait se mettre en rapport avec les organismes locaux pour l'emploi (tant gouvernementaux que non gouvernementaux) ou avec la Chambre de commerce.

12Gender, Empowerment through ICTs, iREACH, Cambodia

2.3 Eléments de conception, propres aux femmes, d'un centre communautaire

Un cadre de base pour la conception qui tienne compte du contexte socioculturel des femmes et de leurs besoins en informations pourrait inclure les lments suivants:

2.3.1 Données et archives à ventiler selon le sexe

Les centres communautaires TIC devraient tenir un registre dtaill et de bonne qualit de l'utilisation par type de services et par type d'utilisateur, o sont notamment indiqus l'ge et le sexe. Ces donnes sont essentielles pour recenser les lacunes dans l'utilisation, pour amliorer le service et se rapprocher d'un public non atteint, et aux fins de prvision et de planification. Le PNUD et le Fonds de dveloppement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) ont publi un utile guide en ligne, le Guide de l'utilisateur pour mesurer la fourniture de services de base sensibles la dimension de genre, qui peut s'appliquer la fourniture des services TIC.

Malgr une large reconnaissance de l'existence d'une fracture numrique entre les sexes, il est difficile de la prouver en raison du peu de donnes ou de statistiques ventiles selon les sexes concernant les TIC. En 2005, la Division des Nations Unies de la promotion de la femme a recommand de ventiler selon les sexes les donnes sur l'utilisation des TIC et sur la participation des femmes aux processus de dcision, ainsi que d'tablir des cibles, des indicateurs et des repres permettant de suivre les progrs concrtement raliss en matire d'accs et de bienfaits13. Des procdures et les processus de surveillance et d'valuation tenant compte des diffrences entre les sexes fourniront des donnes de base et des comparateurs sur l'utilisation des TIC par les femmes.

Pour information: Mthodologie d'valuation du genre (GEM) pour les tlcentres

L'Association pour le progrs des communications (APC) est un rseau international et un organisme sans but lucratif qui agit en faveur de l'accs l'Internet. Elle a mis au point la Mthodologie d'valuation du genre (GEM)14, un outil en ligne gratuit, conu pour valuer si les TIC contribuent l'galit des sexes et comment elles le font. Il s'agit d'une faon pratique de tenir compte de l'analyse du genre dans l'valuation des initiatives qui font appel aux TIC en vue d'aboutir un changement social. La mthodologie GEM permet de dterminer si les TIC amliorent rellement la vie des femmes et les relations entre les sexes, tout en garantissant que les problmes lis la disparit entre les sexes sont intgrs dans le processus de planification du projet. L'analyse de la sexospcificit l'aide de la mthodologie GEM permet de promouvoir des changements positifs au niveau des personnes, de la communaut et des institutions. L'valuation du genre pour les tlcentres tire profit des enseignements collectifs issus de l'application de la mthodologie GEM l'exploitation des tlcentres en Colombie, au Mali, au Prou, en Ouganda et aux Philippines. Le guide examine aussi ce qui est possible de faire face aux ressources limites et prsente des solutions ralistes quelques problmes courants auxquels les tlcentres doivent faire face.

Toutefois, titre de mise en garde, les statistiques sur l'accs aux TIC ne sont pas en elles‑mmes un bon indicateur de l'autonomisation des femmes. Par exemple, l'ducation comparativement suprieure des femmes, leur direction de petits commerces et leur accs aux TIC aux Philippines et en Thalande n'impliquent pas automatiquement que les femmes sont reprsentes de faon gale au niveau de positions dirigeantes ou gouvernementales. De mme, le seul fait que plus de femmes pourraient tre employes dans le secteur manufacturier des TIC ne veut pas dire que ces femmes bnficient de programmes d'alphabtisation ou d'apprentissage ou acquirent des comptences en direction, en communication ou en ngociation.

13United Nations. (2005). Women 2000 and beyond: Gender equality and empowerment of women through ICT. (http://www.un.org/womenwatch/daw/public/w2000-09.05-ict-e.pdf)

14Programme de soutien aux rseaux de femmes de l'Association pour le progrs des communications,Mthodologie d'valuation de genre(http://www.apcwomen.org/gemkit/en/understanding_gem/index.htm).

2.3.2 La "réponse communautaire" du centre doit considérer et desservir les activités, les intérêts et les besoins d'information des jeunes filles et des femmes

Les services et les programmes du centre doivent directement rpondre aux priorits et aux besoins du dveloppement de la socit. Il peut notamment s'agir de dispenser des programmes d'alphabtisation et des programmes connexes d'apprentissage, d'tendre les capacits numriques (y compris la communication et l'accs aux informations), de promouvoir l'galit des droits des minorits et des dfavoriss ou de fournir du travail distance, un apprentissage tout au long de la vie et des services publics et administratifs dans la communaut. Dans certains cas, on peut envisager d'assurer des sessions de programmes de formation aux TIC uniquement pour les femmes. On peut aller plus loin en recrutant des femmes titre d'enseignantes, de mentors ou de modles. Les femmes manquent parfois de confiance ou se font trop peu entendre dans des sessions de formation mixtes.

Presque toujours, les femmes se rassemblant pour la formation commenceront formuler leurs besoins d'information et leurs intrts. Quelques sites web simples peuvent tre conus, qui fourniront dans les meilleurs dlais les informations dynamiques d'intrt immdiat pour le groupe. De cette faon, les femmes peuvent tre impliques organiquement dans la mise au point de leur propre contenu web.

Exemple de contenu: L'intgration des TIC dans les activits du secteur parallle par l'association SEWA

Le syndicat Self-Employed Women's Association (SEWA) en Inde regroupe les femmes dans le secteur parallle depuis 1972 et compte plus de 215000 membres. Etant l'un des premiers organismes en Inde exploiter les possibilits offertes par les TIC pour dvelopper la production dans le secteur parallle, il a organis des programmes de sensibilisation l'informatique et a fourni une formation informatique de base aux cheffes d'quipe et aux membres de l'association.

La SEWA applique un plan stratgique bien tabli pour intgrer les TIC dans ses principales activits. L'organisme emploie des applications logicielles mises au point pour ses broderies, pour la mise en valeur des bassins hydrauliques, pour la production de sel et pour les projets d'pargne et de crdit. Le logiciel permet de produire des rapports personnaliss sur les artisanes membres et d'valuer les produits, d'enregistrer les activits sur le march et de consigner des informations prcises et jour pour une planification efficace de la production.

La SEWA a aussi employ la vido comme outil d'autonomisation des femmes. VIDEO SEWA a produit des enregistrements sur les nombreux problmes qui affectent les moyens d'existence des femmes pauvres, employant ce support pour partager les informations et sensibiliser les membres. La vido est un outil de formation et d'acquisition de nouvelles comptences, qui permet aussi d'atteindre les dcideurs, et ce support fait partie intgrante des activits de la SEWA. Le programme technique par satellite de la SEWA a permis l'organisme de travailler dans plus de 10 districts du Gujarat, o il assure une formation interactive qui permet de mettre les femmes en relation avec les experts et les dcideurs.

Le Centre de facilitation du commerce de la SEWA a connu un certain succs dans ses actions de soutien au commerce lectronique, par l'intermdiaire de ses sites web www.banascraft.org et www.kutchcraft.org. L'une des dmarches innovantes visant atteindre les productrices et les artisanes qui sont mal desservies en matire de connectivit consiste mettre les femmes productrices en rapport avec un groupe d'oprateurs d'ordinateur qui, par diverses actions de soutien, rendent la vente en ligne possible. Les TIC peuvent donc amliorer le fonctionnement interne d'un organisme regroupant des membres, tel que la SEWA, notamment en renforant l'identit et la solidarit, en tablissant des liens avec les administrations publiques et en fournissant l'accs celles-ci, en participant la gestion interne et en la rationalisant.

SEWA’s Trade Facilitation Center has had some success in its e-Commerce endeavours, supported by its websites www.banascraft.org and www.kutchcraft.org. One innovative approach to reach producers and artisans who are under-served by connectivity involves putting women producers in touch with a cadre of computer operators, who perform a variety of supportive functions that enable on-line selling. ICTs can thus improve many organizational functions in a member-based organization like SEWA, including identity- and solidarity-building, linkages with, and access to, government offices, internal governance and capacity-building.

2.3.3 Mise au point des contenus et des supports de formation avec et pour les femmes

Les besoins en informations des femmes dpendent fortement de leur environnement conomique et social (par exemple le fait d'habiter dans des zones rurales ou urbaines, leur niveau d'alphabtisation, le fait d'tre indpendante ou de travailler comme employe, etc.). En consquence, pour que le contenu soit pertinent, il faut valuer les besoins locaux des femmes et des jeunes filles dans le cadre de leur contexte social, ducatif et conomique, ainsi qu'en fonction des possibilits qui s'offrent elles de se dvelopper et de devenir autonomes l'aide des TIC. Les contenus mis leur disposition seront choisis s'ils sont en rapport avec les besoins spcifiques des femmes et des jeunes filles et s'ils sont dans une langue utilise dans la communaut. L'Internet fournit de plus en plus d'informations sur les questions de sant, sur les droits des femmes et sur les opportunits conomiques et les possibilits d'emploi, en mettant disposition une formation ou des services financiers. Mais si les femmes n'ont pas les comptences de base pour utiliser l'Internet et les ordinateurs, l'Internet restera en dehors de leur porte.

Dans le cadre d'un programme visant amliorer l'accs l'Internet, on peut:

• mettre au point les nouveaux contenus en ligne o sont employes les connaissances autochtones;

• traduire les informations dans les langues et les dialectes locaux;

• utiliser l'Internet pour diffuser des informations sur les traditions locales et les expressions culturelles;

• fournir des informations sur les manifestations et les services locaux.

De nouveaux contenus peuvent tre produits pour s'attaquer aux strotypes locaux qui stigmatisent les femmes et les jeunes filles. Dans le cas des femmes faible revenu ou vulnrables, la production de nouveaux contenus ne peut pas uniquement tre soumise aux besoins du march. Ces contenus doivent tre une source d'autonomie, d'mancipation et d'autodtermination, qui assure l'autonomisation des femmes, et ne doivent donc pas tre seulement disposition de celles qui peuvent se le permettre. Une formation continue devrait aussi tre assure pour que les femmes puissent dvelopper elles-mmes des contenus web. Les premiers pas pourraient se faire dans les langues locales et en incorporant une forte composante visuelle. On a observ que ces deux faons de faire amlioraient l'engagement des femmes (et des hommes) dont les connaissances taient limites.

Un exemple de la rgion d'Uvira, en Rpublique dmocratique du Congo, montre comment les femmes agricultrices emploient les TIC pour se familiariser avec l'agriculture. Un organisme local, l'IFDAP (Initiative des femmes pour le dveloppement de l'autopromotion et la paix), a form un groupe d'appui des femmes agricultrices. Au dbut de 2009, ce groupe a largi l'accs aux informations agricoles en facilitant l'accs l'Internet dans les zones rurales. Ceci, ainsi que l'inauguration rcente du centre d'informations de l'IFDAP, a permis depuis 150 hommes et femmes de bnficier des informations sur l'agriculture dont ils avaient besoin.15

Pour information: Hommes et femmes peuvent avoir des intrts diffrents en matire d'information

Les APCNouvelles de 201016comportent une srie d'tudes sur des initiatives TIC, qui ont t values l'aide de la mthodologie d'valuation du genre. Le premier cas est celui du tlcentre de Bumawa, situ dans une petite ville sur les rives ougandaises du Lac Victoria. Ce tlcentre tait rarement visit par les femmes. Une tude GEM17a rvl que les hommes et les femmes s'intressaient des informations diffrentes, les femmes s'intressant la sant, la formation professionnelle et la scurit alimentaire, tandis que les hommes s'intressaient des informations concernant la politique, l'conomie et les affaires.

Les femmes lisaient moins bien l'anglais que les hommes et se sentaient souvent frustres lors de leurs recherches de contenus pertinents. Souvent, elles rentraient chez elles pour achever leurs tches domestiques et ne jamais revenir. En comparaison, si les hommes ne pouvaient pas trouver les informations qu'ils recherchaient, ils s'attardaient au tlcentre, jouant des jeux et se familiarisant avec les installations. A la suite de l'valuation, le tlcentre a commenc assurer une formation non discriminante, visant les femmes de plus de 30 ans et fournissant un contenu rpondant leurs intrts.

Le contenu attire la circulation. Un centre communautaire qui fournit des services et/ou des informations rpondant aux besoins et aux intrts des femmes attirera automatiquement les femmes. Par extension, un centre communautaire qui offre une gamme de services informatiques et d'informations destins aux femmes attirera les visites rgulires des femmes. Ces services peuvent tre tant privs ("de nature personnelle") que publics ("de nature collective"), et les contenus peuvent varier, allant d'un logiciel gnrique d'apprentissage des supports de formation spcifiques, avec qualifications la cl (voir l'apprentissage en ligne de l'AMREF pour les infirmires), et des contenus propres un contexte particulier, mis au point localement par les femmes pour leur usage propre.

Pour information: Les tlcentres aux Philippines attirent plus de femmes

Aux Philippines, les tlcentres publics ont tendance attirer beaucoup plus de femmes que d'hommes. Une tude employant la mthodologie d'valuation du genre de l'Association pour le progrs des communications (APC) s'est penche sur deux tlcentres ruraux. Cette tude a rvl que, parce que les tlcentres n'admettaient ni les jeux ni la pornographie, les hommes taient moins intresss prendre place dans ces centres.

Ces outils sont profondment pluralistes, dmocratiques et hyperindividualistes, tout en tant collaboratifs et interdpendants, et extrmement puissants. A mesure que ces centres communautaires TIC s'intgrent aux rseaux, structurs ou non, d'coles et d'tablissements de formation professionnelle et deviennent un des "accessoires d'apprentissage" disponibles tous les niveaux, les femmes devraient avoir plus de possibilits d'utiliser les installations et d'influencer la gamme de services et de formations offerte.

Pour information: Formation aux TIC et programmation intgre en Inde

Le Centre communautaire TIC de Seelampur utilise des solutions informatiques pour renforcer les comptences et fournit des programmes intgrs pour les femmes et les jeunes filles, dont les contenus concernent l'ducation et l'acquisition des comptences, la sant, les droits juridiques, la micro-entreprise et l'entrepreneuriat, le partage et la mise en rseau des informations et l'alphabtisation extra-scolaire. Il emploie des outils multimdias interactifs permettant de prendre en charge la formation professionnelle et pratique des jeunes filles et des femmes pauvres, en les sensibilisant notamment sur des questions de sant et de conservation des produits alimentaires, et en apportant un appui aux activits professionnelles telles que la confection sur mesure et la fabrication d'dredons. Les programmes de formation professionnelle portent notamment sur la cration de mode, le dveloppement de mdias et les connaissances informatiques de base, les soins esthtiques, ainsi que les arts, l'artisanat et la peinture. En outre, le Centre de ressources en faveur des femmes organise tous les mois des camps de sant (avec accs aux mdecins, aux mdicaments et l'orientation), des camps de nutrition et de sensibilisation au SIDA, et des sessions de sensibilisation juridique deux fois par semaine.

Un centre d'informations dispense aussi des informations sur les retraites pour personnes ges, sur les prts et sur les aides financires. Le service d'assistance organise chaque semaine des runions sur les rgimes de soutien, les groupes d'entraide, les comptences pratiques et les programmes de sensibilisation, et il dispose de la connexion l'Internet. Le centre aide aussi les femmes qui rencontrent des problmes tels que le fœticide, la pratique de la dot, les violences familiales et l'injustice. En partenariat avec les autorits gouvernementales de Delhi, il fait en sorte que le rgime de protection sociale atteigne les femmes les plus marginalises de la communaut.

15Women in the Democratic Republic of Congo: Confidence and a competitve edge though ICTs
January 7, 2010 http://genardis.apcwomen.org/en/node/135

16http://www.apc.org/

17http://www.apcwomen.org/gemkit/en/gem_tool/index.htm

2.3.4 Rendre le centre communautaire physiquement accessible aux femmes et aux jeunes filles

L'emplacement est important lorsque l'on conoit un centre communautaire TIC o sont intgrs des besoins sexospcifiques divers, et le contexte social doit tre prcisment valu. Certaines croyances culturelles peuvent limiter ou empcher l'accs aux centres et les questions de scurit personnelle et de protection de la vie prive doivent tre aussi prises en compte.

Un centre communautaire TIC peut tre situ dans un espace autonome ou il peut tre intgr d'autres espaces que pourraient frquenter les femmes et les jeunes filles, tels que des coles, des temples, des mosques, des pagodes ou des glises, des dispensaires, des bureaux de poste, des marchs couverts ou d'autres administrations publiques ou ministres. L'emplacement d'un centre communautaire TIC peut empcher les femmes d'y venir s'il est proche de bars et de botes de nuit ou d'autres lieux jugs non convenables ou non srs pour les femmes. On devrait aussi srieusement envisager d'autres lieux publics, en gardant toujours l'esprit qu'ils doivent tre accessibles aux femmes, dans les limites du cadre culturel de la socit dans laquelle le centre est cr. Il arrive souvent qu'un petit groupe de femmes se dcide franchir les obstacles initiaux et qu'avec le temps elles encouragent d'autres les rejoindre.

Pour information: Emplacements en zone rurale dans les bureaux de poste en Malaisie

Les Centres Internet ruraux (RIC) en Malaisie ont t crs par le Ministre de l'nergie, des communications et du multimdia (actuellement le Ministre de l'information, de la communication et de la culture) dans les btiments abritant les bureaux de poste. Le bureau de poste est un endroit idal, parce qu'il assure la liaison avec des lieux distants, parce qu'il est sr et que c'est un lieu frquemment visit par la communaut en tant que centre unique o l'on paie les factures d'eau ou d'lectricit et o l'on fait de nombreuses autres oprations. Chaque centre comporte de cinq huit ordinateurs relis l'Internet. L'utilisation des ordinateurs pour naviguer sur l'Internet est gratuite pour les membres; les non-membres doivent s'acquitter d'une petite redevance.

Heures d'ouverture - Une meilleure comprhension des emplois du temps et du contexte culturel et social de la communaut contribuera tablir un horaire qui soit sexospcifique. Dans certains cas, l'ouverture du centre certaines heures rserves aux femmes pourrait aussi les inciter participer. Les heures d'ouverture doivent tenir compte des moments o les femmes et les jeunes filles sont plus susceptibles de venir au centre et doivent prvoir des tolrances quant la dure. Dans de nombreuses cultures, les femmes ont des obligations de famille et de mnage, leur laissant peu de temps libre. La meilleure faon d'agir est de dterminer, partir d'un chantillon reprsentatif de femmes, quelles sont les heures d'utilisation idales pour les diffrents groupes. Dans beaucoup de cas o les femmes finissent par participer, des heures spciales pour les sessions sont rserves aux femmes, ou bien la formation est assure dans des coles ou des collges, les femmes y ayant accs pendant les heures de classe rserves cet effet.

2.3.5 Problèmes de protection de la vie privée et de sécurité

Les femmes peuvent exiger une protection supplmentaire de leur vie prive pour se sentir l'aise avec les TIC. Dans une socit conservatrice, cela pourrait ncessiter un espace rserv aux femmes. Les femmes et les jeunes filles devraient pouvoir avoir leur propre courrier lectronique et devraient pouvoir accder librement aux informations, sans surveillance, tout en ayant accs des espaces scuriss en ligne, sans harclement ni exploitation.

Les femmes doivent tre mises au courant de l'"tiquette" respecter lorsque l'on utilise l'Internet, ainsi que des risques potentiels que prsentent les "arnaqueurs", les virus logiciels et les autres inconvnients lis l'utilisation de l'Internet. Elles doivent bnficier d'une protection de base contre la cybercriminalit. La technologie volue et la cybercriminalit aussi. Les cyberinfractions peuvent revtir diffrentes formes, telles que le vol d'informations personnelles, l'exploitation de la vente de victimes innocentes (comme dans le commerce sexuel) et les atteintes la scurit personnelle. Les femmes et les jeunes filles doivent tre averties et comprendre quels sont les risques impliqus et comment attnuer le danger. Par exemple, les mots de passe pour accder au courrier lectronique ne devraient pas tre enregistrs sur un ordinateur public et les utilisateurs devraient fermer leur courrier lectronique avant de librer l'ordinateur public. Cette formation devrait faire partie de tout cours de culture numrique.

L'UIT a mis en ligne un ensemble de Lignes directrices pour la protection de l'enfance en ligne18en six langues, recensant les risques auxquels les enfants peuvent tre confronts en ligne et les comportements qui sont recommands pour qu'ils soient en scurit. PLAN Canada19a aussi nonc des rgles de scurit pour la protection de l'enfance en ligne, applicables aux adolescentes:

Exemple de contenu: Rgles de scurit de PLAN Canada pour les adolescentes

• Pas de donnes personnelles telles que son adresse ou son cole
• Ne pas envoyer de photographies
• Ne pas donner son mot de passe
• Ne jamais accepter de rencontrer quelqu'un en personne
• Ne pas poursuivre une conversation o ont t tenus des propos qui vous mettent mal l'aise ou vous inquitent
• Ne pas rpondre des mails mchants, suggestifs ou malpolis
• Ne pas croire aux messages lectroniques publicitaires (spams)
• Ne pas ouvrir de documents de personnes que vous ne connaissez pas
• Toujours signaler un langage ordurier, insultant et des images dplaces
• Rester toujours soi-mme
• Ce qui est affich en ligne va devenir public et ne peut pas toujours tre enlev. Donc, ne rien afficher sur des amis, la famille ou des professeurs.
• Si quelqu'un insiste pour vous parler, vous harcle de questions ou vous menace, signalez-le quelqu'un de confiance et demandez de l'aide

18http://www.itu.int/osg/csd/cybersecurity/gca/cop/guidelines/index.html

19From Plan Canada BIAG site

2.4 Questions d'administration et de viabilité financière

Dans cette section est examin comment la problmatique hommes-femmes peut tre intgre dans les structures de gestion et d'appui du centre communautaire TIC.

2.4.1 Structures d'administration tenant compte de la problématique hommes femmes

L'intgralit de la structure d'administration des centres communautaires doit reflter la problmatique hommes-femmes, notamment la composition des conseils d'administration et le choix des cadres suprieurs et des directeurs de projet. La description des emplois ou des mandats doit prciser l'importance de la comprhension et de la formulation des questions de dveloppement et des impacts des TIC d'un point de vue sexospcifique. Des conseillers en sexospcificit auprs des conseils et du personnel devraient participer la politique gnrale d'administration. Tandis que la proprit et les structures d'administration des centres communautaires TIC peuvent tre diverses et varies (allant de la micro-entreprise l'exploitation communautaire, de l'organisme sans but lucratif l'administration publique), certains principes fondamentaux s'appliquent tous les modles de proprit, notamment:

Le Conseil des directeurs ou le Comit consultatif devraient convenir d'un quota de femmes membres. En donnant l'exemple ce niveau de gestion, l'quilibre entre les sexes pourrait se propager l'quipe technique, aux formateurs et au personnel fminin en gnral.

La "proprit communautaire" du centre devrait comporter des reprsentants des intrts des femmes. Les structures de prise de dcision de ces centres doivent faire en sorte que les femmes intresses soient impliques ds le dbut de la conceptualisation et de la conception, tout au long des processus de planification et de mise en œuvre. Cela doit comprendre la mise en place d'un processus de consultation auquel toutes les parties intresses participent rgulirement. La contribution et le point de vue des femmes peuvent aider dcider de l'emplacement, des questions de scurit, des heures d'ouverture, du contenu, des programmes et des services.

Mettre au point des critres d'attribution de licences qui tiennent compte de la sexospcificit. Cela pourrait notamment concerner l'attribution de licences aux entreprises qui satisfont certaines conditions: par exemple, le nombre de techniciens femmes au sein du personnel, la collecte et l'enregistrement de donnes ventiles selon les sexes et le nombre de femmes occupant des positions de gestion.

2.4.2 Financement du centre communautaire TIC: capital et frais de démarrage

Une tude de l'association APC, intitule Unbounded Possibilities: Observations on sustaining rural information and communication technology (ICT) in Africa20, a port sur deux diffrents tlcentres en Tanzanie. Pour l'un, on a fait valoir l'ide des entreprises "bouillonnantes", l'environnement tant appropri, tandis que l'autre a plutt t conu en suivant une dmarche selon laquelle les communauts conomiquement pauvres ont besoin d'une "grande pousse", c'est--dire de grands projets et de grands changements. Selon le rapport, les deux dmarches sont valables, mais la dmarche du "bouillonnement" pourrait conduire un dveloppement des TIC plus durable.

Le premier cas est celui de Family Alliance for Development and Cooperation (FADECO), une petite association dont le sige est situ dans une petite ville proche des frontires du Burundi et de l'Ouganda, qui s'emploie fournir des informations devant aider les familles amliorer leurs niveaux de vie. Grce divers dons, l'organisme a cr un petit tlcentre quip d'un rseau hertzien. Le centre a t mis sur pied, surtout par ttonnements, par un technicien autodidacte et il n'a bnfici d'aucun financement par des tiers. La technique de l'apprentissage par la pratique, sans assistance active, a conduit une comprhension plus profonde de l'autosuffisance.

Le second cas s'intresse Sengerema, un tlcentre rural bnficiant de donateurs, situ au Nord-Est de la Tanzanie et hberg dans un immeuble construit cet effet, dot d'une salle de confrence, d'une salle rserve aux serveurs, d'un laboratoire de formation l'informatique, d'un caf Internet, de bureaux et d'une salle de cours. Tandis que, selon l'auteur, il est viable dans le sens gnral du terme, il repose sur le financement continu par des tiers. Le rapport conclut que, mme si les deux modles sont valables, la dmarche anime de l'esprit d'entreprise de l'association FADECO peut tre tendue grande chelle. Mais l'accent n'a t que trs peu mis sur la conception conomique de ce type de tlcentre. La mise en place d'institutions prenant en charge ces entreprises pourrait conduire un dveloppement en milieu rural des TIC bien meilleur et vritablement plus durable.

Unbounded Possibilities: Observations on Sustaining Information and Communication Technology (ICT) in Africa Ian Douglas Howard, October 2008, APC

2.4.3 Modèles de financement et de recettes permettant d'assurer une tarification abordable et accessible

Plusieurs facteurs, tels qu'une faible densit de la population, des revenus bas et des frais de fonctionnement levs, ont t identifis comme autant de dfis relever en vue de prenniser les programmes communautaires TIC. Les cots les plus gnralement sous‑estims des centres communautaires TIC sont ceux de la formation du personnel, de la scurit (scurit physique et scurit des donnes) ainsi que les cots de remise niveau et d'entretien de l'quipement. Le centre communautaire TIC tourn vers le futur doit examiner comment le mieux quilibrer ses cots en capital et ses recettes potentielles, tout en assurant une tarification abordable pour les utilisateurs.

.

Lgende:

Contributions

En nature

En liquide

A droite:

• Dispositifs TIC
• Cours de formation
• Contenu
• Emplacement
• Incitations fiscales
• Gestion ou coordination du centre

A gauche:

• Redevance des utilisateurs
• Subventions
• Donations ou dons
• Autres services

Le financement d'un centre communautaire TIC peut se faire au moyen de contributions en nature et/ou de financements et de recettes. Les recettes et le financement peuvent comporter les postes suivants:

Subventions – Les gouvernements peuvent dcider d'accorder des subventions (pour tout ou pour partie) un centre communautaire TIC, en particulier dans les zones pauvres o demeurent des groupes de population vulnrables qui ne peuvent pas payer de redevance. L'initiative du gouvernement peut tre ncessaire pour lancer le processus, pour tablir le cadre juridique et institutionnel, pour dmarrer des projets pilotes ou pour mettre en place un soutien national et rgional. Lorsque l'ide prend forme, le gouvernement peut limiter son rle de soutien une fonction d'appui.

Donations/dons – Les institutions publiques et prives, ainsi que les organisations nationales et internationales peuvent faire des donations ou des dons pour les projets TIC.

Services payants – La fourniture d'autres services ou produits par le centre communautaire TIC peut aussi engendrer des ressources permettant de payer les frais. Dans certains cas, la recette provient surtout de la vente de temps sur ordinateur et sur l'Internet, alors que dans d'autres cas, elle provient de la tlphonie, de la photocopie et du divertissement. D'autres sources potentiellement importantes de recettes sont le service tlphonique national et international et la vente de cartes tlphoniques. La question de savoir s'il faut ou non exiger une redevance de l'utilisateur dpendra de plusieurs facteurs et elle doit tre examine au cas par cas. Une redevance minimale pour assister un cours de formation motive souvent plus les gens y assister et en tirer profit que s'il avait t gratuit. Toutefois, dans certaines circonstances, mme une redevance minimale peut dpasser les moyens des femmes et des jeunes filles pauvres, ce qui constitue un frein la participation.

Pour information: Un modle de partage des cots en Ouganda

En Ouganda, un rseau de tlcentres dans les coles (SBT) l'chelle de la nation, tabli par l'association World Links avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates, relie 15 tlcentres. Parmi ceux-ci, 11 tlcentres font appel la technologie par satellite microstations (VSAT) pour relier l'Internet au moins huit ordinateurs en rseau local (LAN). Le cot est rparti en consquence entre les coles, le paiement tant de 200 USD par mois. (World Links ajoute encore 200 USD par mois et par site pendant une priode de deux ans)21 . L'abaissement du cot utilisateur pour l'apprenant est l'un des principaux objectifs. Les coles lvent des fonds en faisant payer aux apprenants des frais de scolarit et des redevances utilisateur communautaire. En moyenne, chaque apprenant paie 18 USD par an. Une cole secondaire type est frquente par 800 1 000 apprenants par an.

Les contributions en nature pourraient inclure:

• L'quipement TIC, y compris son entretien technique et son remplacement.

• La formation du personnel de direction et du personnel technique. L'un des principaux objectifs lors de l'tablissement d'un centre communautaire TIC est qu'il soit gr par la population locale. Les contributions permettant de former des formateurs et des administrateurs du centre sont donc utiles et ncessaires la fois.

• Le contenu. La production de contenu est gnralement coteuse et elle peut prendre beaucoup de temps. Toutefois, la duplication et la fourniture de contenu peuvent se faire pour un cot relativement faible22.

• L'emplacement et l'infrastructure. Il est important de choisir un emplacement et une infrastructure pour le centre communautaire TIC qui tienne compte des contraintes pesant sur les femmes et les jeunes filles. Une cole peut par exemple proposer un laboratoire informatique ou une pice o peuvent tre installs les appareils TIC employs par le centre.

• Des incitations fiscales. Les gouvernements peuvent offrir des incitations fiscales aux entreprises ou aux personnes qui crent un centre communautaire TIC et donnent des cours de TIC visant l'autonomisation des femmes et des jeunes filles. Les gouvernements peuvent aussi accorder des exonrations fiscales sur l'quipement TIC fourni aux coles.

Pour information: Fonds rural d'innovation en Inde

L'association Telecentre.org et Microsoft India ont lanc conjointement le fonds Mission 2007 Rural Innovation Fund, avec pour but de rendre autonome l'industrie locale de logiciels, en encourageant les initiatives individuelles ou les initiatives des organisations qui visent mettre au point des applications innovantes bas cot, adaptes aux besoins des dirigeants des communauts locales. Un comit, tabli dans le cadre de l'initiative Grameen Gyan Abhiyan de la fondation MSSRF23et comprenant des reprsentants des secteurs industriel, universitaire et gouvernemental, gre le fonds.

21http://www.wougnet.org/Events/IARW/SchoolBasedTelecenter_MMayanja.pdf

22Voir par exemple une base de donnes en ligne gre par l'Educational Software Selector (EPIE Institute). Cette base de donnes consultable contient la liste de 19000 ensembles logiciels didactiques, que l'on peut consulter selon le type d'ordinateur, le sujet, le niveau de classe, la mthode d'enseignement/d'apprentissage employe, les mots cls et les prix, l'adresse:http://www.epie.org/epie_tess.htm. De la documentation a aussi t labore par le Commonwealth of Learning – voir:http://www.col.org/resources/publications/Pages/listing.aspx?CID=9.

23M S Swaminathan Research Foundation http://www.mssrf.org/

2.4.4 Note concernant les redevances utilisateur différenciées selon les sexes

Le nombre de membres de la communaut qui sont en mesure de dpenser de l'argent pour des services de tlcommunications varie fortement en fonction du contexte. Le cot peut dissuader l'accs aux TIC. Un cadre politique global, tenant compte des besoins de ceux qui trouveraient les cots difficiles supporter, pourrait inclure les considrations suivantes:

– Reconnatre les carts entre les salaires/revenus en fixant les redevances, tant en termes de sexes que de zones gographiques (rurales, urbaines).

– Promouvoir des politiques de prix orientes vers le consommateur/l'utilisateur pour des services spcifiques et des programmes orients vers la communaut, tels que:

• Obligations pour les transporteurs de fournir des services d'accs/universels abordables.

• Rabais des tarifs pour les fournisseurs de services de tlcentre.

• Cadres rglementaires qui assurent des prix abordables pour tous les utilisateurs, notamment:

• Concurrence en matire de prix entre tous les fournisseurs de services TIC.

• Programmes d'incitation pour renforcer l'accs (par exemple, fonds de dveloppement des tlcommunications, qui peut tre employ pour couvrir les cots).

– Elaborer des stratgies provisoires permettant d'augmenter progressivement les redevances des membres, ou des structures de redevance chelle mobile.

2.5 Liens avec les documents de référence

Connecting the first mile: a framework for best practice in ICT projects for knowledge sharing in development

GEM:GenderEvaluationMethodologyforWomenandICTs -ALearningTool for Change andEmpowerment

InternationalTaskforceforWomenandICTs

Wikibook:GenderandICT

AFRICAN WOMEN AND ICTs: Investigating Technology, Gender and Empowerment

3 Répondre aux besoins éducatifs des femmes: emploi des TIC pour l'alphabétisation et l'apprentissage tout au long de la vie

Les principaux volets concernant les TIC et l'alphabtisation sont au nombre de deux. L'un s'articule autour de l'enseignement des connaissances de base, telles que la lecture, l'criture et le calcul, destines aux "analphabtes". Les TIC peuvent tre employes pour produire le matriel pdagogique interactif et audiovisuel utiliser dans les salles de classe et comme aide l'enseignement en classe et l'apprentissage distance.

Le deuxime volet concerne les connaissances numriques fonctionnelles en tant qu'lment du dveloppement socio-conomique. Ici, la technologie est mise entre les mains des apprenants afin qu'ils utilisent, adaptent et formulent des applications ayant un sens dans le cadre de leur vie quotidienne.

Dans le prsent chapitre sont examins les deux volets. Commenant par les connaissances numriques, ce chapitre met en vedette des initiatives o la formation technique est directement donne aux femmes, puis il dcrit comment elle influe sur leur autonomisation socio-conomique. Les TIC y sont ensuite examines en tant qu'outils permettant de dispenser des programmes d'alphabtisation de base. Les deux volets sont galement importants et vont souvent de pair lors du renforcement des capacits et de la formation des femmes.

Le fait que les TIC peuvent tre employes pour suppler et complter le systme ducatif conventionnel doit tre reconnu de faon plus systmatique et plus extensive afin que ces TIC deviennent des outils de choix pour l'apprentissage et l'enseignement. Plutt que de les considrer comme accessoires, la politique doit les intgrer dans une gamme de programmes d'alphabtisation pour adultes. Afin que les femmes y participent pleinement, une politique d'alphabtisation pour adultes doit inclure les deux aspects fondamentaux suivants:

• Une approche fonde sur les droits de l'alphabtisation – Cela aura des consquences positives majeures pour les femmes, en renforant leur autonomisation et leurs capacits.

• Une approche oriente sur la pauvret de l'alphabtisation – Puisque le problme de l'analphabtisme est inextricablement li celui de la pauvret, il faut prendre en compte l'alphabtisation dans tous les secteurs, ministres et institutions qui s'attaquent aux problmes de la pauvret.

3.1 Connaissances de base des TIC pour les femmes: apprentissage par la pratique

L'apprentissage des lments fondamentaux du clavier et de l'utilisation d'un navigateur peut ouvrir la porte un nombre infini d'expriences d'apprentissage. Des programmes systmatiques et spcifiques qui s'adressent aux utilisateurs adultes nophytes, en particulier les femmes, doivent tre conus, pris en charge et dispenss de telle sorte que ce public d'utilisateurs puisse franchir le seuil numrique. Souvent, les simples actions de rception et d'envoi de courriers lectroniques, d'utilisation d'un moteur de recherche et de lecture decontenus web sont les points de dpart d'une formation l'emploi des TIC. La dmonstration de l'utilit qu'il y a, dans leurs vies, tre familires avec les TIC, incitera les femmes participer activement et utiliser leurs connaissances nouvellement acquises.

Exemple de contenu: Passeport de comptences informatique dans les pays arabes

Le bureau de l'UNESCO au Caire dlivre le Passeport de comptences informatique international (ICDL) dans huit pays arabes, savoir l'Egypte, la Jordanie, le Liban, la Jamahiriya arabe libyenne, la Palestine, le Soudan, la Rpublique arabe syrienne et le Ymen. L'ICDL est une version internationale du Passeport de comptences informatique europen (PCIE) qui s'emploie dans les pays en dehors de l'Union europenne. Le programme regroupe les notions cls de l'informatique, leurs applications pratiques et leur emploi sur le lieu de travail et dans la socit. Il contient les sept modules suivants: notions de base de la technologie informatique, utilisation de l'ordinateur et gestion des fichiers, traitement de texte, tableurs, bases de donnes, prsentations, et information et communication.

En prparant un cours sur les TIC, il est important:

• de connatre les besoins spcifiques des femmes au sein de la communaut. S'il y a plusieurs groupes de femmes ayant des besoins diffrents, les cours devraient en tenir compte. Lors de la planification de la formation, il faut dialoguer avec les femmes de la communaut pour obtenir leur point de vue et mener une enqute sur leurs besoins;

• de prvoir des exercices de manire que chaque femme ou chaque jeune fille puisse s'exercer dans le tlcentre ou dans le centre informatique, pendant son temps libre;

• de choisir des exemples et des exercices qui conviennent au contexte et s'appliquent aux ralits vcues par les femmes au quotidien;

• de collaborer avec les institutions et les organismes des femmes et avec les autres principaux organismes de formation.

Dans de nombreuses cultures, l'enseignement de la science et de la technologie est souvent peru comme tant rserv aux hommes. La formation concernant les TIC tient rarement compte de la problmatique hommes-femmes ou n'est que peu souvent adapte aux besoins des femmes, et elle peut tre dispense par un formateur qui a des prjugs sur les capacits des femmes, prjugs qui sont incompatibles avec ce que la recherche nous a appris sur les comptences et les contributions des femmes dans ces domaines24. La formation et la prise en charge d'un rseau de femmes formatrices sont une faon de lutter contre ces ides prconues.

Exemple de contenu: Formation dispensant les connaissances lmentaires de l'Internet Bato aux Philippines

TLa formation pilote qui dispense les connaissances lmentaires de l'Internet, un cours mis au point par l'Union internationale des tlcommunications (UIT) et l'Asia-Pacific Women's Information Network Center (APWINC) pour le projet "Development and Delivery of ICT Training Tools for the Promotion of Livelihood of Women in Rural Areas", se tient au centre informatique communautaire Leyte Bato. Des femmes de la communaut de tous ges participent cette formation. Le cours sur les connaissances de base de l'Internet sera suivi d'une formation adapte, axe sur l'utilisation par les participants des informations disponibles sur le web. Les cours se concentrent sur l'emploi lmentaire des applications des rseaux sociaux par les femmes des zones rurales de la communaut, en particulier les applications qui apportent une aide dans les domaines de la production agricole et des petites exploitations agricoles. Voir http://www.connectaschool.org/itu-training/3/159/en/Training_Remote_Rural_Users_ICT_Economic_Activities_

Education_Government_Services/Basic_ICT_Literacy en ce qui concerne le matriel didactique.

Information and communication technologies for women’s socio-economic empowerment. World Bank Group Working Paper Series, June 2009

3.2 Liens entre les connaissances numériques et l'autonomisation socio-économique des femmes

Dans les mains des femmes, les TIC peuvent tre la source du dveloppement de l'autonomie et de l'autodtermination, qui font souvent dfaut dans leur vie. En d'autres termes, l'accs aux voies d'information et de communication permettra aux femmes d'influer davantage sur les dcisions qui affectent leurs vies. C'est une forme importante d'autonomisation. La disposition de connaissances sur les TIC peut avoir un effet positif pour les femmes dans de nombreux domaines, notamment:

• Formation et apprentissage tout au long de la vie: Les TIC sont une aide l'apprentissage et un outil pour le dveloppement des comptences. Les femmes peuvent accder des cours ducatifs lmentaires et avancs ou un apprentissage tout au long de la vie, ainsi qu' diffrents cours de formation par l'intermdiaire de l'Internet. Elles peuvent aussi accder des livres, des articles et des informations gnrales dans les librairies lectroniques et sur le web, et sont en mesure de pouvoir, o qu'elles soient, se mettre en relation avec d'autres, quel que soit le lieu o elles sont, en vue de mener bien des projets communs.

• Services d'information: Les femmes peuvent accder aux informations importantes concernant presque toutes les activits qu'elles exercent, allant des soins de sant jusqu' la gestion de petites entreprises. Si elles ont besoin d'informations sur les prix de leurs produits afin d'en tirer un meilleur prix ou sur les prvisions mtorologiques, par exemple, elles peuvent apprendre comment les obtenir de sources fiables. Cela peut contribuer assurer aux femmes et leur famille une vie plus longue et plus saine.

• Communication et tablissement de rseaux: Dans de nombreux pays, les femmes entrepreneuses sont souvent des entrepreneuses sociales d'abord et avant tout. Leur motivation commerciale repose moins sur le profit que sur la ncessit ou le souhait d'avoir un revenu, de manire qu'elles puissent assurer la sant et le bien-tre de leur famille et de leur entourage proche. La majorit des femmes entrepreneuses petite chelle assument souvent plusieurs responsabilits dans la communaut, au-del de leur maison, par exemple, dans l'orphelinat local, dans l'institution religieuse locale, dans des groupes de sensibilisation l'environnement, dans des groupes d'information et de dfense. Ces femmes doivent s'appuyer sur les modes de travail en rseau existants, en vue d'atteindre plus d'intermdiaires commerciaux et des marchs plus larges, et de tenir tte leurs concurrents, afin de scuriser leurs moyens d'existence commerciaux. Cela veut dire que les femmes ont besoin de toutes sortes d'aides pour insrer leurs objectifs commerciaux dans le tableau d'ensemble, pour utiliser les ressources de gestion des fins d'exploitation efficace et pour relier la communication et le travail en rseau stratgiques avec la mise en œuvre. Lorsque les femmes ont des connaissances sur les TIC, elles peuvent faire partie de rseaux sociaux en ligne, garder le contact avec les membres de leur famille et leurs amis et organiser et dfendre leurs droits par l'intermdiaire de mouvements de la socit civile.

• Connaissances, valeurs et culture autochtones: Les femmes peuvent transmettre leurs propres valeurs et traditions culturelles par le biais des TIC et prserver ainsi leur hritage culturel. Elles peuvent produire des contenus web dans leur langue maternelle et les mettre en ligne. Les femmes migrantes peuvent rester en contact et tablir des liens avec leurs communauts dans leurs pays d'origine. Les femmes peuvent aussi accder aux muses, couter des concerts et regarder des programmes culturels par l'intermdiaire des TIC. Les TIC ont aussi jou un rle important dans la prservation et l'identification des œuvres d'art et des traditions menaces ou marginalises. Les visiteurs du site http://www.maori.culture.co.nz/, par exemple, peuvent lire des histoires sur le peuple maori, voir des images d'œuvre d'art culturelles et les exceptionnels motifs de tatouage, courants chez les hommes maori, obtenir des recettes maori et commander des produits culturels dans un magasin en ligne. Les communauts ont des quantits considrables de connaissances autochtones qui sont "inexploites" et non partages. Ces connaissances sont transmises de gnration en gnration par le bouche oreille et ne sont pas consignes. L'engagement des communauts ds le dbut du projet et au cours de la production du contenu peut conduire au partage des connaissances autochtones et leur mariage avec les connaissances scientifiques, en vue de s'attaquer aux problmes pratiques de ces communauts. L'engagement communautaire cet gard a un autre avantage: les communauts autochtones assument la responsabilit et la proprit partage du processus d'laboration de contenu25.

• Accs aux possibilits d'emploi: Les TIC offrent une large gamme de possibilits permettant d'accrotre le revenu des femmes. Les femmes ayant des comptences en matire de TIC auront de meilleures chances de trouver un emploi intressant et bien rmunr. Les TIC peuvent aussi servir acheter et vendre des produits. En outre, les femmes peuvent travailler de chez elle, la maison, en employant les TIC, ce qui peut rduire leurs problmes d'emploi du temps.

• Participation politique: Les TIC permettent de donner aux femmes des informations sur les activits gouvernementales, les partis politiques et les candidats aux postes lectifs. Lorsque les femmes peuvent avoir librement accs aux informations concernant les activits de leurs communauts et du gouvernement, elles peuvent plus facilement participer pleinement au processus politique.

• Droits de l'homme: Les femmes et les hommes ayant des comptences en matire de TIC peuvent plus facilement (et, s'ils le souhaitent, de faon anonyme) faire tat de violations des droits de l'homme. Grce aux TIC, la communaut internationale a t sensibilise aux violations des droits fondamentaux des femmes.

Exemple de contenu: Emploi des TIC en vue de rendre les femmes pcheuses matres de la conservation et de la gestion des rcifs coralliens en Inde du Sud-Est

En vue de rduire la pression sur les ressources des rcifs coralliens et de diminuer la vulnrabilit conomique des communauts ctires, des groupes d'entraide des femmes pcheuses locales se sont donn les moyens d'agir, grce aux TIC et une formation pour adultes, dans cinq villages ctiers du district de Tuticorin du golfe de Mannar en Inde du Sud‑Est. Des meilleurs niveaux de connaissance, une ducation environnementale et une formation et du matriel informatiques ont permis aux villageoises d'tre mieux mme de rechercher des moyens d'existence alternatifs et d'amliorer leurs conditions de vie.

Le projet a permis de dmontrer l'intrt des groupes d'entraide comme mcanisme scurisant, permettant de mobiliser des ressources et d'assurer aux femmes pcheuses pauvres un financement abordable et des avantages sociaux. Les groupes d'entraide encouragent aussi l'autosuffisance, la sensibilisation, le dveloppement des capacits, la solidarit sociale et l'autonomisation. Des coordonnatrices dans les cinq villages cibls ont t formes et chaque village a t quip d'un ordinateur, d'une imprimante, d'un tlphone portable et de l'accs l'Internet. Les membres des groupes d'entraide dans les villages cibls ont aussi t formes des activits procurant d'autres moyens d'existence, telles que le compostage et les mthodes hyginiques de schage du poisson.

La sensibilisation l'environnement, ainsi que la formation pour adultes, la formation informatique et la formation d'autres moyens d'existence, ont aid les femmes pcheuses avoir un revenu supplmentaire pour leurs familles. Cette dmarche a jou un rle dterminant dans la lutte contre les pratiques destructrices de pche et l'amlioration des conditions de vie dans les zones ctires du golfe de Mannar.

Source: http://www.nova.edu/ncri/11icrs/proceedings/files/m23-15.pdf

25Local Voices Enhance Knowledge Uptake: Sharing Local Content in Local Voices David Grimshaw and Lawrence Gudza 2010 The Electronic Journal on Information Systems in Developing Countries
http://www.ejisdc.org/ojs2/index.php/ejisdc/article/viewFile/649/312

3.3 Emploi des TIC pour promouvoir l'alphabétisation parmi les femmes

Les grandes tendances en ce qui concerne l'emploi des TIC dans les programmes d'alphabtisation ressortent de recherches rcentes et d'tudes de pays ralises pour le compte de l'UNESCO. Ces tudes indiquent:

• que de nombreux pays n'emploient pas les TIC dans les programmes d'alphabtisation et n'ont pas labor de politique visant intgrer les TIC dans les programmes d'alphabtisation pour adultes;

• que de nombreux pays doivent faire face au manque de ressources financires et au manque d'infrastructure technologique;

• que lorsque les TIC sont employes, il s'agit gnralement de technologies de base telles que la radiodiffusion et la tlvision. Que lorsque des ordinateurs ou l'Internet sont en jeu, ils ont tendance tre rservs des utilisateurs cibls;

• que l'emploi des TIC pour la formation dans les coles est relativement plus frquent. Que l'emploi des TIC dans les centres d'apprentissage communautaires est toujours limit;

• que la plupart des projets TIC pour l'alphabtisation des adultes sont des projets pilotes qui sont souvent financs par des institutions internationales et ne disposent d'aucune mthode particulire permettant d'assurer la viabilit;

• que peu d'attention est accorde la problmatique hommes-femmes. Qu'aucun effort n'est fait en vue d'aborder les questions de l'accs, du contenu et de l'impact de la technologie sur les femmes26.

Pour information: Qui sont les analphabtes?

De nombreuses personnes sont insuffisamment alphabtises. L'aptitude l'expression et la comprhension crites, qui leur permettrait d'apprendre, leur fait dfaut. Certaines personnes ne sont pas alphabtises parce qu'elles n'avaient pas les moyens de frquenter une cole ou parce que leur apprentissage a t interrompu ou tait de mauvaise qualit. Ces personnes sont presque toutes pauvres, vivent presque toutes dans des mnages faibles revenus dans des pays en dveloppement, et nombre d'entre elles appartiennent des minorits linguistiques et culturelles. Dans la plupart des pays, l'accs l'ducation continue tre un obstacle plus grand pour les femmes que pour les hommes. On estime que deux tiers des personnes analphabtes dans le monde sont des femmes.27

Les programmes d'alphabtisation traditionnels doivent s'attaquer de nombreux dfis, notamment:

• les cots levs;

• la pnurie d'enseignants;

• les forts taux d'abandon en raison du manque de motivation;

• un manque d'accs aux matriels ducatifs;

• les longs dlais ncessaires pour atteindre les objectifs d'alphabtisation.

Un apprentissage assist par ordinateur peut offrir de nombreux avantages l'apprenant numrique, notamment l'emploi des jeux informatiques et les activits interactives qui rendent l'apprentissage plus facile et plus attrayant. Le contenu numrique labor dans les langues locales peut tre tlcharg par les apprenants au moment qui leur convient le mieux. De mme, en prsentant les leons de lecture et de calcul sous la forme d'un jeu, les programmes d'ordinateur encouragent les apprenants concourir contre eux-mmes, recommencer et s'exercer sans se lasser. Ces programmes d'ordinateur rptent les mots et corrigent les erreurs d'un grand nombre d'apprenants en mme temps, diminuant ainsi la pression exerce sur les enseignants surchargs de travail.

Les possibilits des applications employant les TIC sont considrables, s'agissant de promouvoir la lecture, l'criture et le calcul de par le monde. On peut en particulier faire appel aux TIC pour surmonter les nombreux obstacles numrs ci-dessus en s'intgrant avec souplesse dans la vie des personnes. L'emploi des TIC pour promouvoir la lecture, l'criture et le calcul peut prendre les formes suivantes:

Radiodiffusion: Elle permet de franchir les obstacles gographiques. En facilitant l'apprentissage distance, la lecture et l'criture peuvent tre enseignes aux personnes qui vivent dans des zones recules. Mme si la radiodiffusion ne jouit pas de l'lment visuel, elle est nanmoins divertissante, facilement accessible et abordable. La radiodiffusion, employe avec le matriel didactique imprim, peut rendre les leons de lecture et d'criture plus ralistes et plus intressantes. Les stations locales de radiodiffusion ont gnralement des liens troits avec la communaut et sont donc au courant des prfrences, des langues et des cultures locales et peuvent adapter la formation en consquence. Un dsavantage vident de l'emploi de la radiodiffusion (et de la tlvision) pour l'alphabtisation est que les programmes sont habituellement diffuss des heures fixes que les apprenants ne peuvent pas modifier. Les apprenants ne peuvent donc pas apprendre leur propre rythme et leur propre convenance.

Pour information: Radiodiffusion communautaire: un outil d'autonomisation en milieu rural au Mozambique28

Les stations locales de radiodiffusion communautaires qui diffusent partir de tlcentres sont certainement les TIC les plus employes, de l'avis de toutes les femmes interroges dans cette tude. Les missions radiodiffuses sont gratuites pour celui qui les coute et l'accs se fait avec ou sans lectricit et avec ou sans poste rcepteur personnel. Les gens les coutent dans des lieux publics et la maison. Les frais de fonctionnement sont gnralement faibles, faisant de la radiodiffusion la TIC la plus abordable dans les zones rurales, en particulier l o existent des postes manivelle.
Il y a toutefois des gens qui ne peuvent se permettre d'avoir un poste rcepteur. Par exemple, une cheffe de mnage Manhia a dit qu'elle ne faisait jamais appel une quelconque technologie et qu'elle n'aimerait pas avoir de poste rcepteur ou de tlphone parce que cela entranerait des frais supplmentaires. "Les piles des postes rcepteurs sont chres" a-t-elle dit. Elle voulait juste avoir de quoi manger tous les jours. Lorsque nous l'avons interroge, elle tait au tlcentre pour rcuprer sa carte d'identit perdue. Quelqu'un l'avait trouve et l'avait apporte au tlcentre, et une annonce avait t radiodiffuse. Des voisins de la femme l'ont entendue et lui en ont parl. Sans la radiodiffusion, jouant le rle d'un point de ralliement fiable, elle n'aurait pas dcouvert o tait sa carte.
Environ 95% des personnes interroges ont confirm qu'elles coutaient les missions radiodiffuses et beaucoup nous ont dit qu'elles connaissaient les horaires des programmes. Les programmes les plus populaires concernent les informations destination du public, en particulier les avis de dcs. Dans ce cadre socioculturel fminin, la participation au deuil des membres de la communaut et de leurs familles constitue une partie essentielle de la trame de la socit, et la radiodiffusion est le moyen le plus rapide et le plus conomique d'atteindre un grand nombre de personnes. Les nouvelles et les programmes spciaux pour les femmes taient aussi populaires. Les nouvelles permettaient aux femmes d'obtenir des informations qui rduisaient leur isolement, tant au sein de leurs communauts qu'aux niveaux national et international. Les programmes des femmes, de leur ct, abordaient une gamme de sujets, tels que le comportement des adolescents au sein de la famille, les prcautions de scurit adopter la maison, le VIH/SIDA, la cuisine, la sant des enfants et les comportements sociaux.

Tlvision: Ce mdia associe les mots aux images et permet le mouvement et l'animation tout en diffusant des sons, et par consquent:

• il facilite les exercices de comprhension la lecture;

• il est plus divertissant et donc incite l'audience cible regarder et apprendre;

• il donne les moyens de stimuler les discussions et la pense critique;

• il facilite la diffusion de matriel audiovisuel d'alphabtisation.

Cassettes audio, CD-ROM, DVD, VCD: Ces supports ont en gnral les mmes avantages que la radiodiffusion et la tlvision. Mais un avantage vident est l'accs aux cours d'alphabtisation au moment et avec la frquence choisis par les apprenants. En outre, ces formes de TIC peuvent tre employes la maison, ce qui aide surmonter les contraintes sociales, culturelles, financires et logistiques auxquelles de nombreux apprenants peuvent tre confronts, s'agissant d'assister aux cours d'alphabtisation.

Les CD-ROM en particulier offrent:

• un support d'un bon rapport cot/efficacit permettant de diffuser les contenus facilement et bas cot;

• une ressource intressante et divertissante pour les cours de lecture et d'criture;

• la concentration de gros volumes d'information sur un support lger et petit, contrairement aux manuels encombrants.

Appareils photographiques numriques: Ils peuvent tre employs pour crer des contenus locaux et, en particulier, pour utiliser des images locales pendant les cours d'alphabtisation. Les techniques pourraient permettre:

• aux apprenants, de disposer davantage du contenu, en les laissant prendre des photographies et prparer les leons d'alphabtisation avec ce matriel;

• de faire concorder les mots (dans la langue locale) avec les images qu'ils ont prises au moyen des appareils photographiques numriques;

• de classer les photographies afin que les apprenants puissent former leurs phrases et inventer leurs histoires, tout en renforant leurs comptences en lecture et en criture.

Tlphones portables et technologie SMS (texto): Les tlphones portables et en particulier la technologie des SMS (short message service) font dornavant partie de la vie quotidienne, que ce soit dans les pays en dveloppement ou dans les pays dvelopps. Malheureusement, ils servent aussi rappeler en permanence leur analphabtisme aux personnes analphabtes. Cela peut toutefois tre une motivation pour qu'elles surmontent cet analphabtisme. En outre, pour les nouveaux apprenants, l'utilisation rgulire des pavs de numrotation et l'envoi de texto permettront de renforcer leurs connaissances nouvellement acquises des lettres et des chiffres.

Formation employant l'ordinateur: L'Internet offre une grande quantit de contenus numriques, accessibles aux apprenants qui peuvent les utiliser leur convenance. En outre, la nature dynamique de l'Internet donne des pouvoirs aux femmes parce que, contrairement aux technologies plus anciennes telles que la tlvision et la radiodiffusion, l'Internet est interactif. Il transforme les utilisateurs d'observateurs passifs en participants actifs. Avec les forums de discussion, le courrier lectronique et les sites des rseaux sociaux, l'Internet encourage et renforce la lecture et l'criture.

Par l'intermdiaire de l'Internet, les femmes peuvent transformer leur statut de mnagres en celui de personnes en apprentissage, et elles peuvent employer l'Internet comme outil pour mettre profit leurs connaissances nouvellement acquises en lecture et en criture:

• en l'employant comme plate-forme pour dvelopper des comptences commerciales supplmentaires, prendre en mains leurs carrires, effectuer des transactions commerciales et gagner de l'argent;

• en pratiquant leurs activits habituelles l'aide des applications en ligne (par exemple pour joindre les services publics, soumettre des demandes d'emploi, payer des factures, etc.);

• en tirant profit des sites des rseaux sociaux.

Exemple de contenu: Le projet d'alphabtisation du Commonwealth of Learning (COLLIT)

Le Commonwealth of Learning (COL) a reu l'appui du Dpartement pour le dveloppement international (DFID) du Royaume-Uni pour entreprendre un projet pilote en Zambie et en Inde dans le but de dterminer comment renforcer les programmes d'alphabtisation en employant les technologies appropries. Ce projet pilote de trois ans, qui a dbut en juillet1999, a t ralis selon le modle des "centres d'apprentissage communautaires technologiques". Un centre d'apprentissage communautaire implique, de par son concept, le dploiement de divers types d'quipement TIC qui seront grs et utiliss par les membres de la communaut. Il vise aussi faciliter l'apprentissage et fournir un lieu o du matriel didactique pertinent l'chelle locale peut tre mis au point. Tout ceci tait au centre du projet COLLIT.

L'impact du projet tait le plus visible sur les personnes qui participaient l'exploitation des centres d'apprentissage, dont la plupart n'avaient jusqu'alors pas eu de contact avec les ordinateurs et autres TIC. Avec l'achvement du projet, les animateurs et le personnel des centres d'apprentissage, dans les deux pays, taient devenus de respectables instructeurs de lecture et d'criture, forms aux TIC et forts d'une exprience de l'emploi de l'quipement pour mettre au point du matriel didactique pertinent l'chelle locale. Le projet COLLIT a aussi permis de dmontrer que, lorsque la possibilit leur en est donne, les apprenants peuvent matriser des manires d'employer les TIC qui non seulement les aident atteindre leurs objectifs en matire d'ducation mais qui sont aussi trs motivantes et applicables d'autres facettes de leurs vies.

Source: Commonwealth of Learning 2004: ICT and Literacy: Who Benefits? http://www.col.org/resources/publications/consultancies/Pages/2004-09-ICT.aspx

L'apprentissage en ligne est l'une des manires d'employer l'Internet pour lutter contre l'analphabtisme. L'International Commission on Workforce Development29(ICWD) (lien hypertexte) a reconnu plusieurs avantages de l'apprentissage en ligne, notamment:

• L'apprentissage en ligne est non slectif: Les mthodes d'apprentissage en ligne tiennent compte des besoins des apprenants, des styles et des aptitudes apprendre de chacun. Les apprenants peuvent se concentrer sur leurs progrs et leur performance et sont continuellement rcompenss par leurs rsultats. L'apprentissage en ligne libre les apprenants de la tension nerveuse qu'ils ressentent gnralement dans une classe en prsence de leurs homologues.

• La formation en ligne peut tre moins intimidante que les cours dispenss par un instructeur: L'environnement de l'apprentissage en ligne est considr comme sans risque, en ce sens que les erreurs commises par les apprenants ne sont connues que d'eux et du systme qu'ils emploient. L'apprentissage en ligne vite donc l'embarras dans lequel seraient les apprenants s'ils taient dans un environnement d'apprentissage en groupe. En outre, les systmes d'apprentissage en ligne donnent aux apprenants la possibilit de corriger leurs erreurs et d'essayer d'amliorer leur performance, tout en apprenant leur propre rythme.

• Le contenu est jour: Les systmes d'apprentissage en ligne bnficient gnralement de modules de gestion du contenu qui permettent d'actualiser le contenu et de le maintenir jour avec les nouveaux matriels didactiques et les cours.

• L'apprentissage en ligne est cohrent: Les systmes d'apprentissage en ligne dispensent les cours de la mme manire chaque fois et pour chacun des participants. Les apprenants ne doivent donc pas s'adapter aux modles et aux dmarches d'apprentissage changeants. Ils peuvent se concentrer sur le contenu central, efficacement et sans s'parpiller.

• L'apprentissage en ligne est souple et facile d'emploi: L'apprentissage en ligne ncessite un ordinateur et l'accs Internet, mais avec ces outils, les cours peuvent avoir lieu tout moment, partout et quelle que soit la disponibilit des enseignants.

• L'apprentissage ouvert, la formation distance et les TIC: Certains pays, notamment l'Australie, les Etats-Unis et la Rpublique sudafricaine, , ainsi que des organisations internationales telles que l'UNESCO, ont mis au point des modules d'apprentissage ouvert avec du matriel didactique. Les contenus peuvent tre tlchargs et imprims, puis distribus pour un emploi ais dans les cours d'alphabtisation. Ces matriels pourraient tre utiliss pour complter les autres TIC, telles que la radiodiffusion ou la tlvision, et pourraient tre employs par les communauts nomades ou loignes, o les taux d'analphabtisme sont hauts, en particulier chez les femmes.

• La visioconfrence et la tlconfrence: En assurant la communication sur de longues distances, la visioconfrence et la tlconfrence permettent d'amener les cours d'alphabtisation jusque dans des zones trs recules. En consquence, les femmes, qui, pour des motifs sociaux ou financiers, sont susceptibles de ne pas voyager sur de longues distances, peuvent accder aux cours d'alphabtisation. Ici, ces technologies servent surmonter des obstacles cls lis aux cots et la commodit, qui s'opposent une limination rapide de l'analphabtisme.

Les livres audio (c'est--dire les livres qui sont enregistrs et disponibles en cassettes audio et en CD) peuvent tre un outil prcieux, s'agissant de promouvoir l'alphabtisation. Ils peuvent tre employs avec des textes crits de manire amliorer la comprhension et la facilit de lecture de l'apprenant. Les livres parlants sont, comme leur nom le suggre, des textes lectroniques convertis en mots prononcs. Ils aident les apprenants en leur faisant entendre les mots tandis qu'ils les lisent, et en leur indiquant en mme temps la prononciation des mots. Les livres audio peuvent aussi tre quips d'un systme de dcodage et de suivi des mots dont la prononciation pose problme. Cela peut permettre aux enseignants d'identifier les mots qui sont difficiles pour un certain apprenant. De ce point de vue, les livres audio, en tant qu'outils lectroniques, sont d'une meilleure aide que les livres lectroniques.

Les livres lectroniques sont des textes lectroniques qui sont disponibles sur l'Internet et sur CD-ROM. Ils sont semblables des manuels en ce sens qu'ils ajoutent au texte des dfinitions, des explications et des images. Les avantages des livres lectroniques sont les suivants:

• Il est facile de circuler d'une section ou d'un chapitre l'autre du livre, ainsi que de consulter les rfrences en suivant les liens.

• Les livres lectroniques peuvent aisment tre modifis de manire correspondre aux aptitudes des apprenants, en modifiant par exemple la casse des caractres.

• Des informations supplmentaires telles que des dfinitions et d'autres prcisions y sont en outre gnralement intgres.

Exemple de contenu: Le programme d'alphabtisation fonctionnelle employant l'ordinateur du groupe Tata en Inde

Dans ce programme, les ordinateurs dlivrent les leons sous une forme multimdia, complte par des manuels. Une voix hors champ explique comment combiner les lettres pour donner aux divers mots leur structure et leur signification, et elle prononce les mots. L'accent est mis sur les mots plutt que sur les lettres. Les leons sont conues pour tre visuellement stimulantes et divertissantes, au moyen d'lments tels que des pantins. Les leons qui sont fondes sur les documents labors par la Mission nationale d'alphabtisation sont axes sur les diffrents dialectes et langues.

Grce au projet, un certain nombre de centres d'apprentissage ont t tablis. Chaque centre dispose d'un ordinateur et d'un instructeur. Parce que le projet repose sur des programmes d'ordinateur, il a moins besoin d'enseignants trs qualifis, ce qui est un avantage dans des zones o il y a pnurie d'enseignants. Un cours type se tient dans la soire pour 15 20personnes.

Source: http://www.tataliteracy.com
Exemple de contenu: Emploi des TIC pour l'limination de l'analphabtisme (ICT4IE) en Egypte30

Selon les statistiques officielles fournies par l'Agence centrale pour la mobilisation du public et les statistiques (CAPMAS), le nombre de personnes analphabtes en Egypte s'lve 17millions, les femmes reprsentant environ 70% de ce nombre. L'importance de l'analphabtisme chez les femmes, en particulier dans les zones rurales trs conservatrices et recules, et l'inconfort visible chez de nombreux apprenants plus gs dans les salles de classe traditionnelles servant l'alphabtisation, ont donn l'ide de faire appel la technologie multimdia. Les CD ducatifs sont au nombre de trois, deux CD servant l'alphabtisation tandis que le troisime contient un cours d'orientation pour l'cole prparatoire. L'ensemble peut s'employer dans l'intimit du domicile du stagiaire, dans un centre de dveloppement communautaire ou dans le bureau d'une ONG. (Voir: http://www.youtube.com/watch?v=avtrTyZ-_HE)

Le cours sur CD est semblable aux cours officiels de l'Autorit gnrale pour l'apprentissage et la formation pour adultes (GALAE), qui permet aux apprenants de se prsenter aux examens GALAE sanctionns par le certificat IE (non analphabte). La dure du cours multimdia est de quatre mois ( comparer aux 10 mois du cours traditionnel). L'un des groupes viss comprend les femmes des zones rurales et celles des zones dfavorises. En raison des coutumes sociales et des traditions, certaines femmes, qui ne sont pas autorises quitter le domicile pour assister aux cours d'alphabtisation, n'ont pu tre atteintes.

Pour surmonter cet obstacle, des solutions innovantes ont t labores, qui tiennent compte des traditions locales. L'une d'elles, nomme "Tabluter", tait fonde sur la table en bois traditionnelle, dsigne sous le nom de tablya. C'est un ordinateur ergonomique spcialement conu, qui est incorpor dans une table. Cet ordinateur consiste en une unique unit centrale de traitement qui dessert quatre utilisateurs indpendants. Chaque utilisateur/utilisatrice dispose de son propre cran, de son clavier, de sa souris et de sa carte son. Le Tabluter est situ dans une maison individuelle o les cours d'informatique et d'alphabtisation ont lieu, atteignant donc les femmes qui ne sont pas autorises quitter le foyer.

26 See UNESCO Bangkok. "ICT and Literacy." ICT in Education. 2007 for further information, country research studies were conducted in China, Bangladesh, India, Pakistan, Egypt, Mexico and Brazil.
http://www.unescobkk.org/education/ict/online-resources/features/ict-and-literacy
27Source: http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001529/152921e.pdf
28See: Women’s use of information and communication technologies in Mozambique: a tool for empowerment? By Gertrudes Macueve et al, in African Women and ICTs: investigating technology, gender and empowerment edited by Ineke Buskens and Anne Webb – available on http://www.idrc.ca/openebooks/399-7
29http://www.icwfd.org
30Lina Zalat: Effective Practices for Engendering the Digital Divide, Eqypt ICT4D Journal 2009
http://www.i4donline.net/articles/current-article.asp?Title=Effective-Practicesfor-Engendering-the-Digital-Divide,-Egypt&articleid=2322&typ=Features

3.4 Liens entre l'alphabétisation et l'autonomisation des femmes

L'analphabtisme entrave le dveloppement de l'tre humain et son limination est la pierre angulaire de tout processus de dveloppement des femmes et des hommes de tous ges. Le mot analphabtisme signifie avant tout l'incapacit d'une personne de lire ou d'crire. L'amlioration des niveaux d'alphabtisation de 50% d'ici 2015, en particulier parmi les femmes, a t fix comme l'un des objectifs du Forum mondial sur l'ducation de l'UNESCO Dakar en 200031.

On estime que les femmes forment les deux tiers de la population analphabte. L'analphabtisme est un obstacle majeur l'autonomisation des femmes. L'impact ngatif de l'analphabtisme se traduit par une fracture norme entre les femmes alphabtes et analphabtes dans presque tous les aspects de la vie: vie personnelle et familiale, tat de sant, vie sociale, vie conomique et vie politique. Rciproquement, les programmes d'alphabtisation peuvent avoir un grand impact sur les vies personnelle, familiale, sociale et politique des femmes pauvres.

La combinaison de l'alphabtisation avec l'acquisition de connaissances commerciales de base peut tre un moyen efficace pour rendre un programme d'alphabtisation des femmes plus proche de leur vie de tous les jours. L'alphabtisation est importante pour le dveloppement social, tant en termes de production que de consommation. Comme ils peuvent mieux participer aux processus dmocratiques et politiques, les adultes alphabtes sont plus mme de comprendre et de dfendre les droits de l'homme. Au moins une tude relie l'alphabtisation une taille plus rduite des familles. En effet, en permettant aux femmes d'employer la contraception plus efficacement, l'alphabtisation leur permet de contrler leurs vies sexuelles32.

L'alphabtisation joue un rle dterminant dans la vie d'une femme et en consquence dans la vie de sa famille, en particulier pour ce qui est des questions de sant33. Les femmes sachant lire sont plus motives participer au processus lectoral, que ce soit en tant que candidate lectorale, membre de l'quipe d'un candidat ou comme votante. Il existe de nombreux exemples pratiques de communauts devenant conomiquement et socialement plus engages ds lors qu'elles sont alphabtes:

• La communaut Vagla au Ghana du Nord a commenc voir la participation la vie politique de la communaut augmenter.

• Les Bimoba, galement au Ghana, ont commenc s'organiser en coopratives et assurer une planification conomique long terme.

• Les Pez de Colombie ont organis leur propre comit d'ducation pour assurer une planification de la formation long terme.

• Aux Philippines, les femmes nouvellement alphabtes utilisent leur connaissance de la lecture et de l'criture pour ouvrir des comptes bancaires et grer leur argent en connaissance de cause.

• En Inde, les femmes nouvellement alphabtes remplissent les conditions requises pour occuper des emplois intressants.

Les femmes analphabtes sont dsireuses de devenir alphabtes et de matriser les TIC. Une tude portant sur 40 femmes (participantes au projet IKRAA, voir les tudes de cas) ayant nouvellement acquis des comptences en lecture et en criture a rvl que les femmes analphabtes souhaitaient pouvoir lire et crire pour plusieurs raisons:

• pour leur amour-propre. L'alphabtisation voulait dire qu'elles deviendraient les gales de leur mari et mme de leurs enfants;

• afin d'accder l'Internet. Elles se sentaient exclues d'un nouveau monde dont elles savaient qu'il existait mais auquel elles ne pouvaient accder;

• afin d'tre en mesure de lire et d'envoyer des messages SMS;

• afin de se sentir autonomes en devenant alphabtes. Cela voulait dire qu'elles pouvaient lire la signalisation et trouver leur chemin, apposer leur signature au bas des documents officiels ou commerciaux et acqurir un emploi;

• pour pouvoir mieux contrler leur avenir.

L'UNESCO reconnat qu'une personne instruite est mieux arme pour relever tous les dfis de la vie, du dfi de rechercher un emploi celui d'viter les maladies34. Lorsqu'une femme analphabte devient alphabte, ses possibilits de voir sa situation s'amliorer sur le plan individuel et social augmentent de faon dynamique. Ces femmes voient par la suite s'amliorer leurs possibilits de travail et d'emploi et se renforcer leur autonomie au sein de leurs communauts.

L'impact ngatif de l'analphabtisme sur les familles des femmes analphabtes est aussi une question cl. Les familles des femmes analphabtes sont enfermes dans un cercle gnrationnel de sous-dveloppement, en termes de manque d'ducation, de mauvaise sant et de pauvret.

Les programmes d'alphabtisation pour adultes dans la "langue maternelle" d'une femme peuvent commencer briser ce cercle. En outre, ds lors qu'elles sont alphabtes, les femmes peuvent envisager de bnficier d'autres possibilits de formation. Cela est particulirement vrai pour les femmes pauvres dans les zones rurales, dont les taux d'analphabtisme sont parmi les plus levs35.

Les mres nouvellement alphabtes:

• sont motives pour apprendre plus;

• ont tendance rechercher et accepter des emplois qui ne leur taient auparavant pas ouverts parce qu'ils exigent des comptences en matire de lecture et d'criture, ce qui leur permet de mieux prendre en charge leurs familles;

• font comprendre l'importance de l'alphabtisation leurs enfants en les motivant poursuivre srieusement leur ducation;

• deviennent des modles pour les autres femmes, les incitant suivre des cours d'alphabtisation et acqurir des connaissances.

L'alphabtisation s'est rvle avoir des incidences positives sur le statut conomique des femmes. Le fait d'tre alphabtes permet aux femmes:

• de prendre des dcisions conomiques plus sages concernant leurs vies quotidiennes;

• d'entreprendre des activits commerciales simples, qui vont de soi pour beaucoup de personnes alphabtes;

• d'accrotre leur satisfaction personnelle et la confiance en leurs transactions commerciales.

31UNESCO - Education World Forum, Dakar April 26 -28, 2000

32http://www.sil.org/literacy/wom_lit.htm

33Un rapport sur Literacy & Women's Health par l'ONG Proliteracy Worldwide (http://www.proliteracy.org/NetCommunity/Document.Doc?id=36) conclut, la suite d'un travail avec un million de femmes sur les programmes d'limination de l'analphabtisme aux Etats-Unis et dans 48 pays en dveloppement en Afrique, en Asie et en Amrique latine, que les taux levs d'alphabtisation s'observent gnralement dans des rgions o le taux de mortalit infantile est lev, o l'esprance de vie est faible et o svit la malnutrition.

342006-2015 Initiative pour l'alphabtisation: savoir pour pouvoir (LIFE), UNESCO, 2007, p.3 (http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001529/152921f.pdf).

35Pour plus de prcisions, voir l'advocacy brief pour le Mother Tongue-based Teaching and Education for Girls and Women de l'UNESCO (2005):http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001420/142079e.pdf. Voir aussi le rapport sur les Mother Tongue-based literacy Programmes in Asia Region de l'UNESCO (2007):http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001517/151793e.pdf.

3.5 Capacité de calculer et connaissances financières

La capacit de calculer a tendance tre relgue au second plan derrire les capacits de lire et d'crire. L'limination de l'incapacit de calculer chez les femmes est essentielle pour plusieurs raisons, la plus importante tant le lien entre la capacit de calculer et des connaissances financires plus larges. Ces connaissances sont importantes pour que les personnes puissent prendre des dcisions rationnelles, tant court qu' long terme, concernant leur scurit sur le plan conomique.

• Sans les comptences en calcul, les femmes ne peuvent pas lancer leurs propres commerces (mme chez elles), parce que les activits commerciales les plus lmentaires exigent ces comptences.

• L'incapacit de calculer exclut les femmes de la plupart des possibilits d'emploi bien rmunres.

• Il est peu probable que les femmes ouvrent un compte bancaire, parce que toute relation bancaire qui implique un crdit, une pargne ou un prt exige la capacit de pouvoir faire de simples calculs.

• Les mres vont transmettre leurs valeurs leurs enfants, y compris leur avis sur l'importance d'tre capable de lire, d'crire et de calculer. Des tudes indiquent que les connaissances financires dcoulent souvent d'un comportement acquis et que les parents ont un rle jouer en faisant en sorte que leurs enfants soient familiers de ces questions.

• Les femmes tiennent souvent les comptes du mnage, consacrant du temps la gestion financire quotidienne, et notamment en payant les biens et les services de base, tels que les provisions, l'lectricit et l'eau. Sans comptences en calcul, elles ne peuvent assumer ce rle efficacement.

• Les femmes sans comptences en calcul sont vulnrables face la fraude et peuvent tre dupes plus facilement.

Les mathmatiques font partie intgrante de toute formation. La capacit de calculer les prcde et son acquisition est essentielle pour tout effort d'limination de l'analphabtisme. Dans le prochain chapitre sont examines diverses applications pratiques.

Exemple de contenu: Programme d'alphabtisation et d'acquisition de la capacit de calculer de l'UNESCO

L'UNESCO a intgr travers le monde ses programmes d'alphabtisation et d'acquisition de la capacit de calculer, destins la formation des adultes. Par exemple, au Cap-Vert, le projet "Training for the Design and Implementation of an Integrated Adult Distance Learning and Training System (ECCA System) for the Economic Development of Cape Verde and Related Curricular Design" (2006-2009) est financ conjointement par le Gouvernement du Cap-Vert, le Gouvernement rgional des Iles Canaries et l'Agence espagnole pour la coopration internationale. Il fait suite au projet "Adult Distance Learning (ECCA System) for the Economic Development of Cape Verde" (2002-2005). Ces projets ont t mis en place en vue d'appuyer le Programme national de formation pour adultes, qui combine la formation distance avec l'enseignement lmentaire pour adultes, l'enseignement secondaire, l'enseignement professionnel et la formation pour adultes, ainsi que l'apprentissage communautaire pour le dveloppement36.

36For more on the importance of numeracy, see: http://www.unesco.org/uil/literacyprogrammes/programmes.html
http://www.tda.gov.uk/teachers/professionalstandards/standards/knowledgeunderstanding/litnumict/core.aspx
http://www.planotes.org/documents/plan_03225.PDF

4 Au-delà de l'alphabétisation: l'appui des applications TIC aux activités entrepreneuriales et professionnelles des femmes

Pour 60% des femmes employes dans le secteur agricole en Asie du Sud, l'accs un enseignement de qualit, la formation qualifiante et les outils de cration d'entreprise ne sont pas seulement un moyen pour elles de sortir de la pauvret, mais leur donnent aussi la possibilit de devenir autonomes dans le monde de la technologie37. Enfant, Shantabai rvait de devenir photographe professionnelle. Elle tait ne au sein d'une famille nombreuse de petits agriculteurs et n'avait reu qu'un enseignement primaire dans son village avant d'tre marie l'ge de 13 ans. Hormis le travail sur le lopin de terre de la famille de son mari, elle devait s'occuper de ses enfants et des vieux parents de son mari.

Elle s'est inscrite plusieurs cours de formation dispenss par Srujan, une organisation partenaire du Programme des activits pour les travailleurs (ACTRAV) de l'OIT. Non seulement ces cours, dont plusieurs taient numriques, lui ont permis d'acqurir de nouvelles comptences, mais ils l'ont aussi motive rechercher de nouvelles possibilits pour amliorer ses revenus. L'un des cours auxquels Shantabai a particip portait sur la photographie et elle a dcid d'en faire sa profession38. De par son action, Shantabai est devenue source d'inspiration pour de nombreuses femmes dans son village et dans les communauts avoisinantes.

Il a t dmontr que les TIC taient troitement lies au renforcement de la participation et du dveloppement sur les plans social, conomique et politique. Les TIC peuvent rendre autonomes les femmes et les jeunes filles en amliorant leur accs direct l'information, la formation et aux services. Les technologies de communication permettent aussi d'accrotre les possibilits d'entrer en contact et de mieux se faire entendre, non seulement au niveau de la communaut locale, mais ventuellement au niveau mondial. Les TIC contribuent ce que les ides et les points de vue des femmes et des jeunes filles soient entendus et pris en compte par les dcideurs. Cela inclut l'accs l'cole, une des raisons pour lesquelles un certain nombre de projets sont axs sur l'accs des jeunes filles aux ordinateurs et l'Internet, et l'enseignement aux jeunes filles de connaissances dont elles ont besoin pour utiliser la technologie plus grande chelle. Tandis que divers projets de constitution de rseaux d'coles encourageant l'accs l'Internet ont t mis en place dans un certain nombre de pays africains, tous ne tiennent pas compte de la problmatique hommes-femmes. Pour y remdier, SchoolNet Uganda (lien hypertexte) a choisi d'installer des centres informatiques dans des coles pour filles39.

Pour information: Sexospcificit et tlcommunications au Bangladesh

Une estimation dans le cadre du programme Village Phone de Grameenphone au Bangladesh a rvl que non seulement les femmes opratrices des services tlphoniques des villages se voyaient offrir une opportunit avantageuse de faire commerce, mais qu'elles disposaient aussi d'un accs facile et quitable au service tlphonique (Richardson, 2000, p. 31). Trois facteurs contribuaient amliorer le statut social des opratrices de Village Phone au sein de leurs villages: 1) de meilleurs revenus; 2) le fait que des femmes plus aises venaient utiliser les tlphones de femmes qui l'taient moins; 3) le fait que leur maison tait maintenant devenue le centre de l'activit locale dans le village.

Comment les TIC peuvent-elles contribuer rendre les femmes autonomes sur le plan conomique?

• en donnant aux femmes plus de moyens de travailler chez elle;

• en amliorant les possibilits d'emploi pour les femmes dans le secteur informatique;

• en donnant aux femmes du secteur parallle plus de moyens de trouver un emploi structur;

• en amliorant l'accs des artisanes au march mondial par le biais du commerce lectronique;

• en faisant voluer les rles traditionnels des sexes;

• en amliorant l'accs des femmes, en particulier les femmes dans les zones rurales, aux programmes d'apprentissage distance et de travail distance;

• en amliorant la possibilit de partage des expriences entre les organisations de femmes, militant pour le bien-tre conomique des femmes dans le secteur parallle;

• en vitant mieux les prjugs sexistes par l'utilisation de moyens neutres en ce qui concerne le sexe.

Outre les moyens numriques d'information et d'apprentissage, l'tablissement de petits commerces et l'accs au march sont aussi d'importants moyens d'autonomisation des femmes. L'Internet est pour cela un moyen qui permet de rduire le cot de l'acquisition des informations sur les produits et sur les prix. Le prsent chapitre dcrit comment des TIC peuvent tre employes pour atteindre les objectifs de l'autonomisation des femmes. Il donne aux dcideurs des exemples de contenus de formation, des applications commerciales des TIC et des nouvelles possibilits qui s'offrent aux femmes travaillant dans le secteur des TIC et dans des domaines qui y sont lis (voir encadr).

Pour information: Dfinitions du secteur des TIC

Dfinition de l'instruction assiste par les TIC40

Par instruction assiste par les TIC, on entend les mthodes d'enseignement ou les modles de dispense de l'instruction qui emploient les TIC pour aider, amliorer ou assurer la dispense du contenu du cours. Il s'agit de l'instruction assiste par (pour tout ou pour partie) la radiodiffusion, la tlvision, l'ordinateur et l'Internet.

Quels sont les domaines lis aux TIC?

Les domaines lis aux TIC sont les programmes d'enseignement et de formation dans les domaines suivants:

Techniques audiovisuelles et production l'intention de mdias: tude des techniques et acquisition des comptences ncessaires pour produire des livres, des journaux, des programmes de radiodiffusion ou de tlvision, des films ou des vidos, de la musique enregistre et de la reproduction graphique au moyen des TIC. Sont compris des programmes sur les mthodes de reproduction en couleur, de photographie et d'infographie, ainsi que sur la mise en page d'images, de mots et d'illustrations lors de la production de livres, de revues, d'affiches, de publicits, etc.

Informatique: tude de la conception et du dveloppement des systmes et des environnements informatiques, y compris l'tude de la conception, de la maintenance et de l'intgration des applications logicielles.

Usage de l'ordinateur: tude de l'utilisation des ordinateurs et des logiciels et applications informatiques employs des fins diverses. Ces programmes sont gnralement de courte dure.

Electronique et automatisation (ingnierie et mtiers de l'ingnierie): tude de la planification, de la conception, du dveloppement, de l'entretien et du suivi de l'quipement, des machines et des systmes lectroniques, y compris la conception des ordinateurs et de l'quipement de communication.


37Derrire le voile, la photographie: favoriser l'mancipation des femmes grce la formation qualifiante (rapport en ligne de l'OIT, novembre 2008) (http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/press-and-media-centre/insight/WCMS_100398/lang--fr/index.htm)Skills and Entrepreneurship Bridging the Technology and GENDER DIVIDE, mars 2009 (http://www.digitallearning.in/articles/article-details.asp?articleid=2340&typ=DEVELOPMENT)

38Skills and Entrepreneurship Bridging the Technology and GENDER DIVIDE March-2009 http://www.digitallearning.in/articles/article-details.asp?articleid=2340&typ=DEVELOPMENT

39Shafika Isaacs,"IT's Hot for Girls! ICTs as an instrument in advancing girls' and women's capabilities in school education in Africa", Runion du Groupe d'experts de la Division de la promotion de la femme de l'ONU sur les "Information and Communication Technologies and their impact on and use as an instrument forth advancement and empowerment of women", Soul, Rpublique de Core, novembre 2002.

40World Telecommunication/ICT Development Report 2010 http://www.itu.int/ITU-D/ict/publications/wtdr_10/material/WTDR2010_Target7_e.pdf

4.1 Accès à l'information et à la formation: du niveau rural au niveau national

Les rles des TIC sont multiples lors de la formation, du renforcement des capacits, de l'apprentissage par la pratique et du dveloppement des communauts, toutes ces activits pouvant se faire par l'intermdiaire des centres communautaires TIC. Divers outils fournissent des moyens efficaces pour dispenser des cours de formation parallle, un apprentissage qualifiant plus sophistiqu, un apprentissage par la communication avec d'autres ou en se mettant au courant de ce que les autres font. Comme l'a crit l'expert en gestion et auteur Peter Drucker, l'apprentissage est un processus permanent au moyen duquel on se tient jour des changements tout au long de la vie et l'une des tches les plus pressantes est d'apprendre aux gens comment apprendre.

Un exemple intressant de formation scolaire en ligne est la formation diplmante assure par l'cole virtuelle d'infirmires de l'African Medical Research Foundation (AMREF), qui forme des milliers d'infirmires travers le Kenya. Depuis 2008, l'apprentissage en ligne est devenu le mode prfr en raison de son interactivit, de son rapport cot/efficacit, de la facilit de rvision et de son aptitude atteindre l'objectif plus rapidement et meilleur cot que le programme dispens en tablissement. Il permet aussi la fourniture en continu du service, l'application sur-le-champ des notions apprises et l'amlioration de la qualit des soins. Le deuxime exemple (Maarifa) illustre bien la nature multicouche de l'emploi des TIC pour l'apprentissage.

Exemple de contenu: Diplmes dans le secteur de la sant pour les infirmires au Kenya

En juillet 2008, le Kenyatta National Hospital et AMREF 41ont sign un mmorandum d'accord pour appuyer les efforts de mis niveau de la certification de 500 infirmires inscrites au Registre des infirmires de sant communautaires, par l'intermdiaire de la Virtual Nursing School (AVNS) de l'AMREF. L'AMREF s'est engage former les infirmires au cours des cinq annes suivantes, en employant des modules de formation par ordinateur. Tout en continuant travailler, les infirmires mettraient niveau leurs comptences, en employant un cours en ligne supervis, o tait mlange la thorie l'exprience clinique. Ces cours seraient dispenss dans l'un des 100 centres de formation quips d'ordinateurs dans les huit provinces. Ces centres desservaient plusieurs districts ruraux, isols et marginaliss (par exemple les camps de rfugis de Garissa et de Dadaab dans la province nord-orientale du Kenya).

Lgende

Programme de formation des infirmires au Kenya

Dploiement
Ecoles et centres d'apprentissage en ligne

Prov. orientale

Prov. de la valle du Rift

Prov. occidentale

Prov. centrale
Prov. nord-orientale

Prov. de Nyanza

Prov. de la cte

Rgion de Nairobi

Ecole
Centre

Il s'agit d'un partenariat public-priv avec le Nursing Council of Kenya (NCK), AMREF, Accenture, les Kenya Medical Training Colleges, plusieurs coles d'infirmires prives et religieuses et le Ministre de la sant, collaborant ensemble en vue de dispenser un programme d'apprentissage en ligne aux infirmires l'chelle du pays. Le programme a dbut en septembre 2005 avec quatre coles et 145 tudiants et avec l'objectif de mettre niveau 22000 infirmires de sant communautaires inscrites (KECHN), les faisant passer du niveau "inscrites" au niveau "immatricules" dans les cinq ans. Les infirmires inscrites constituaient 70% de la main d'œuvre infirmire et 45% de la main-d'œuvre de sant au Kenya. Elles sont le premier point de contact des communauts, mais ne sont pas formes comme il convient pour grer de nouvelles maladies ou des maladies rmergeantes telles que le VIH/SIDA. Cela a ncessit un perfectionnement professionnel continu devant permettre d'amliorer la qualit des soins infirmiers, en accord avec les objectifs (4, 5 et 6) du Millnaire pour le dveloppement lis la sant, et de faire en sorte que ces soins rpondent efficacement la diversit et la complexit des maladies.

Se fondant sur les rsultats positifs, en avril 2010, l'AMREF, l'Universit de Californie Los Angeles (UCLA) et Johnson and Johnson (J&J) ont lanc un programme d'apprentissage en ligne pour renforcer les capacits de gestion des organisations de lutte contre le VIH et le SIDA au Kenya. Ce programme sera employ en partenariat avec le National AIDS Control Council (NACC) du Kenya pour renforcer les capacits des 7000 responsables NACC et leur permettre d'assurer une direction et une gestion efficace du secteur de la sant.

(Voir www.amref.org, http://multimedialearning.posterous.com/amref-african-medical-and-research-foundation et http://kenya.amref.org/what-we-do/upgrading-20000-nurses-in-kenya pour de plus amples informations.)

Exemple de contenu: Agriculture et autonomisation en zone rurale en Afrique de l'Est

Lancs en 2007, les Centres Maarifa42(maarifa signifie savoir en swahili) font partie d'un projet labor par l'Arid Lands Information Network (ALIN), une organisation dont le but est de faciliter l'change d'ides, d'expriences et de connaissances entre les communauts afin d'amliorer l'apprentissage et d'aboutir une meilleure autonomisation socio-conomique l'aide d'outils multimdias. Le projet comprend l'tablissement de centres communautaires de savoir (CKC, community knowledge center) dans les zones rurales du Kenya, de la Tanzanie et de l'Ouganda, qui, en partenariat avec d'autres institutions, ont pour but d'amener les TIC jusque dans les communauts rurales afin que celles-ci puissent consigner et partager les connaissances locales, en particulier les connaissances ayant trait l'agriculture et la gestion des ressources naturelles.

Les Centres Maarifa sont au nombre de 10, dont huit au Kenya, un en Tanzanie et un en Ouganda. Ils ont t crs pour renforcer l'accs aux informations d'une partie des communauts rurales, leur permettant de transformer leurs expriences en connaissances et en enseignements. Chaque centre est quip d'outils TIC de base (ordinateurs et accs l'Internet) servant produire des informations, y accder et les diffuser. Les centres disposent d'un espace de documentation contenant du matriel tel que des journaux, des revues, des livres, des rapports de recherche, des informations enregistres lectroniquement (CD-ROM), du matriel audiovisuel (DVD), des recueils et tous types de ressources en ligne. Dans les Centres Maarifa, les membres des communauts peuvent accder aux informations, et partager des informations sur la faon d'amliorer leurs moyens d'existence au moyen des nouvelles technologies applicables l'agriculture, l'levage, la lutte contre les changements environnementaux et climatiques, ainsi que des informations courantes sur la commercialisation. Les centres diffusent aussi des informations lies la sant, aux questions sexospcifiques et au VIH/SIDA.

Les centres proposent une formation de base sur les TIC aux membres de la communaut, parmi lesquels de nombreux jeunes diplms de l'enseignement secondaire ainsi que des lves de l'enseignement primaire, dont beaucoup ont form des groupes d'information. Les centres servent aussi de point d'accs aux informations pour les agents de dveloppement communautaires qui fournissent des services agricoles et des services de dveloppement agricole dans la rgion. Ceux-ci emploient les centres pour obtenir gratuitement des informations (en ligne) sur le dveloppement, pour envoyer leurs rapports hebdomadaires leurs ministres ou leurs organismes et pour bnficier de services de bureautique de base tels que la dactylographie, la photocopie et l'accs gratuit l'Internet.

Un Centre Maarifa type est dirig par un comit consultatif d'environ 5 8 membres slectionns parmi les parties intresses de la communaut locale. Selon l'ALIN, la procdure de slection des membres garantit qu'il y a quilibre entre les sexes, que les intrts des groupes particuliers sont reprsents et que les comptences sont diverses. Le programme des volontaires de l'ALIN prend en charge le fonctionnement des centres. Les volontaires travaillent au centre pendant un an sous la supervision d'organismes partenaires htes locaux. Ce sont en gnral de jeunes diplms en communication de masse, en agriculture, en sciences environnementales ou en dveloppement communautaire. Ils grent les activits du centre, coordonnant la collecte des connaissances et des expriences locales orientes vers le dveloppement et formant les communauts locales l'emploi des outils TIC. Les Centres Maarifa soutiennent aussi la participation active des femmes. Afin de renforcer la capacit des femmes jouer un rle actif dans l'laboration d'initiatives et de lutter contre leur implication insuffisante, en particulier dans les zones arides, l'ALIN œuvre en faveur de l'intgration des femmes dans le dveloppement et l'appui l'information.

41African Medical Research Foundation see http://www.amref.org/info-center/amref-courses--training-programmes/elearning-programme-/

42http://www.alin.net/?maarifa_centers

4.2 TIC et financement électronique: nouvelles possibilités et dimensions

Le secteur financier intermdiaire qui dessert les petites entreprises s'efforce d'tendre sa porte aux groupes les plus dmunis de la communaut conomique et aux clients qui sinon n'auraient pas accs aux services de financement. Les TIC sont dj au service des petites entreprises:

• en adaptant et simplifiant la comptabilit, et en mettant disposition un logiciel de comptabilit et de suivi des prts;

• en informatisant les rapports financiers et les mesures de performance, les rendant rentables, srs et accessibles tant aux emprunteurs qu'aux prteurs;

• en fournissant aux emprunteurs individuels un accs sr et convivial un compte par l'intermdiaire d'un guichet dans les banques locales, les bureaux de poste et d'autres centres communautaires;

• en laborant des mcanismes d'pargne et de crdit, par le biais d'oprations bancaires par tlphone portable, de cartes puces, d'appareils portables et de distributeurs automatiques de billets, de faon viter les mthodes traditionnelles de fourniture de services bancaires. Au fur et mesure que les services bancaires deviendront une fonctionnalit intgre la tlphonie mobile, ces faons d'effectuer et d'enregistrer les transactions seront tendues.

Exemple de contenu: SWAT Youth Front au Pakistan

Cr en 1997, le Swat Youth Front (SYF)43est une organisation non gouvernementale (ONG) et sans but lucratif, oriente vers les jeunes, qui fait appel la communication, la mobilisation, la formation et la fourniture de services pour promouvoir la rduction de la pauvret, le traitement quitable des sexes, l'alphabtisation, l'emploi des jeunes, l'autonomisation des femmes et la gestion des catastrophes dans le secteur du Malakand, dans la province de la Frontire du Nord-Ouest (NWFP) au Pakistan. Le SYF travaille en partenariat avec des organismes communautaires, publics et de la socit civile, dans le but:

• de renforcer l'autonomisation socio-conomique des personnes marginalises:

• d'accrotre la sensibilisation en faveur de l'galit des sexes;

• de rduire les disparits entre les sexes pour ce qui est de l'ducation et de la participation conomique;

• de promouvoir le volontariat et de faciliter l'emploi des jeunes.

Les dmarches relationnelles sont essentielles, s'agissant des efforts fournis par le SYF pour dvelopper les comptences et les perspectives d'avenir des enfants, des jeunes et des femmes en particulier. Par exemple, en partenariat avec la Commission d'alphabtisation du Pakistan, le SYF a form 63 femmes aux mthodes d'enseignement, puis a cr 63 coles libres dans diverses rgions du district de Swat.

Le SYF se concentre aussi sur l'alphabtisation des adultes. Son Programme fonctionnel d'alphabtisation, lanc en mars 1999, est conu pour les adolescents et les femmes adultes qui travaillent dans divers secteurs de la rgion de Mingora. En outre, en fvrier 2000, le Projet de dveloppement des comptences des femmes (WSDP) a t lanc avec l'objectif de renforcer leurs comptences et de crer des possibilits de revenus au niveau local. Une formation professionnelle a t dispense et des comits d'pargne de femmes ont t forms. Dans le but de protger l'environnement en encourageant l'utilisation et la rutilisation des dchets mnagers, le SYF a organis diverses formations pour apprendre aux femmes comment fabriquer des produits finis tout en touchant un revenu.

Pour encourager l'autonomisation financire des femmes, le SYF a aussi organis pour les tudiantes et les femmes entrepreneuses des circuits de promotion/d'tude destination de lieux historiques et du ple industriel du pays. Ces activits ont pour principal objet de recenser de nouvelles voies et de nouveaux marchs pour les produits swati. Le SYF est all au-del de ces initiatives locales en facilitant la participation de plusieurs femmes entrepreneuses des expositions nationales et internationales afin de se faire connatre et d'acqurir des connaissances sur la manire de commercialiser leurs produits. L'organisme a aussi tabli des liens entre ces entrepreneuses et les fournisseurs de matires premires. Le SYF a organis plusieurs campagnes pour dfendre des causes telles que celles des droits et des problmes socio-conomiques des femmes et des enfants.

Lorsque les travailleuses ne sont pas en mesure d'aller la banque aprs le travail pour y dposer leur paie, les transactions bancaires par tlphone portable leur permettent soit de rembourser leurs prts soit d'accrotre leur pargne. De mme, il se peut que les femmes n'aient pas accs aux informations sur les avantages sociaux auxquels elles ont droit. Lorsque les services publics communiquent ces informations sur l'Internet, les mmes outils TIC qui permettent aux femmes de grer leur crdit et leur pargne peuvent tre employs pour accder leurs avantages.

Exemple de contenu: Logiciel de microcrdit

Le logiciel Loan Performer (lien hypertexte) a commenc modestement en Ouganda et est maintenant employ dans les tablissements de microfinancement de 50 pays. Plusieurs ensembles logiciels permettent de renforcer l'efficacit des institutions de microfinancement. HISAAB, par exemple, est un logiciel de microfinancement au niveau des groupes, conu pour les utilisateurs analphabtes et illettrs. Le logiciel est couramment employ par les organismes suivants:

• Sero Business Women (Tanzanie)

• Mara Women Empowerment Assistance (Tanzanie)

• Women's Finance House (Botswana)

• National Association of Business Women (Malawi)

• Tanzania Women Entrepreneurship (WEDTF) (Tanzanie)

• Pamoja Women (Kenya)

43http://www.comminit.com/en/node/133630/307

4.3 Commerce électronique, marchés et développement des petites entreprises

Les TIC sont modules et employes pour renforcer les capacits conomiques des femmes. Les femmes sont formes en vue d'employer l'Internet pour acheter et vendre des produits locaux, pour accder aux informations sur les cours des matires premires, pour utiliser les services de microfinancement et pour employer les logiciels de gestion financire et commerciale.

Le commerce et le dveloppement dans le cadre de la mondialisation sont autant une affaire de femmes qu'ils sont une affaire d'exportation. De plus en plus, les dcideurs mais aussi les responsables commerciaux reconnaissent les bnfices qu'engendre la participation des femmes aux petites entreprises. Les responsables commerciaux ne peuvent pas se permettre de ne pas tenir compte de cette part essentielle de la main-d'œuvre productive. Beaucoup de grandes socits produisent, s'approvisionnent ou distribuent de plus en plus dans les pays en dveloppement, ce qui les oblige souvent travailler avec des partenaires locaux et des petites ou moyennes entreprises (PME) dans le cadre de leur chane de valeur44.

Le Women's World Banking (WWB) est un exemple de rseau international qui s'emploie tant faire adopter les programmes de crdit pour les femmes qu' les appuyer. C'est une institution mondiale, sans but lucratif, spcialement conue pour garantir l'accs des femmes pauvres au financement, aux informations et aux marchs. Le rseau comporte des tablissements de dtail qui fournissent des services financiers pour plus de 5 milliards USD plus de 10 millions de femmes entrepreneuses faible revenu, en Afrique, en Asie, en Amrique latine, en Europe et en Amrique du Nord. Les membres du rseau sont notamment des tablissements de microfinancement, des banques et des associations qui servent de modles aux autres:

• en incorporant des principes communs;

• en fournissant des services financiers qui rpondent des normes de performance;

• en mettant en commun les meilleures pratiques et expriences;

• en employant les rsultats obtenus sur le terrain pour modifier les politiques dans leurs pays et de par le monde.

Les organismes dirigs par les femmes et leurs filiales sont au centre du rseau. Les membres du rseau se soutiennent les uns les autres, en employant une responsabilisation croise en vue d'aboutir des rsultats.

Exemple de contenu:Tortas Peru – women cake sellers

Lance en 1996, Tortas Peru est une entreprise appartenant une femme, qui emploie les TIC pour atteindre et desservir un large march, en utilisant l'Internet pour prendre commande des tartes. Tortas Peru vend beaucoup au 2 millions et plus de Pruviens qui vivent en dehors du pays et font appel au site web pour les atteindre. Les clients San Francisco ou en Nouvelle‑Zlande peuvent envoyer une tarte faite maison des amis ou la famille dans plusieurs grandes villes. Les tortas (tartes) sont prpares et livres par l'une des mnagres du rseau. Les clients peuvent commander une tarte choisie dans un catalogue et payer au moyen d'une carte de crdit, d'un chque, d'un mandat ou par voie lectronique. Pour assurer des prix modrs, la socit fonctionne essentiellement par l'intermdiaire de l'Internet, obligeant les mnagres membres du rseau tre familires avec les ordinateurs et l'Internet.

Content example: Shea Butter Sales in Burkina Faso

Lorsque les femmes de l'association Songtaaba, un organisme qui commercialise au Burkina Faso les produits de soin pour la peau au beurre de karit, ont commenc utiliser les TIC, leurs profits ont plus que doubl. L'emploi de tlphones portables et d'ordinateurs les ont aids diriger leurs entreprises plus efficacement. L'association procure actuellement un emploi plus de 3000 femmes rparties dans 11 villages. Afin de leur assurer l'accs rgulier aux TIC et d'amliorer la commercialisation et la vente de leurs produits, l'association a tabli des tlcentres dans deux villages. Ces installations sont entirement gres par les femmes des zones rurales, qui sont formes par Songtaaba. L'organisme a aussi cr un site web gr par les femmes. Celui-ci a russi en particulier accrotre la visibilit des productrices. Depuis que le site a t plac en ligne il y a deux ans, les commandes ont augment de presque 70% (voir galement une exprience similaire au Mali).

44 LeWorld Business Council on Sustainable Development(www.wbcsd.org) donne plusieurs exemples de grandes socits travaillant en partenariat avec des petites entreprises, notamment Pentland et Nike au Viet Nam, SC Johnson et la culture du pyrthre au Kenya, et Delta Corporation (alimentation et loisirs) qui sous-traite des PME au Zimbabwe.

4.4 Autonomisation grâce à la mise en réseau

Les TIC sont aussi devenues des outils efficaces pour la mise en rseau des femmes et des groupes de femmes, leur permettant de mettre en commun les ressources, les informations et les numros afin de former des coopratives, ou plus simplement, de faire connatre leur souhait de changement. L'importance de la mise en rseau ne peut tre sous-estime, parce que les femmes se tournent souvent au-del de leurs frontires nationales vers le mouvement international des femmes, en faveur de la solidarit et des changements de politique.

Exemple de contenu: Rseaux ALEAP rassemblant les femmes pour le changement

Dans l'tat d'Andhra Pradesh en Inde, de petites usines emploient presque un tiers de la population (22 millions) de cet tat. Plus d'un million de femmes dirigeaient leurs propres usines dans la ville, et tandis que chacune d'elles russissait bien, elles taient d'avis qu'en se rassemblant, les dfis commerciaux quotidiens seraient plus faciles grer. Beaucoup d'entre elles travaillaient dans le mme secteur: l'industrie alimentaire, notamment celle des tomates, des pices, des fruits, du bl et de la poudre de cacao.

En 1993, les femmes ont form l'Association of Lady Entrepreneurs of Andra Pradesh (ALEAP)pour rpondre aux besoins des femmes entrepreneuses dirigeant de petites entreprises. Elles ont mis leurs ressources en commun et ont contact le gouvernement de l'tat pour obtenir 30 hectares de terrain. Elles ont t aides par le fait que le gouvernement appliquait une politique visant dvelopper les petites entreprises, les entreprises appartenant aux femmes bnficiant d'une attention toute particulire. L'ALEAP a russi obtenir un don de 55000 USD, qui ont t employs pour construire les infrastructures communes, telles que le rseau routier, le rseau de distribution d'eau, le rseau de drainage et une sous-centrale lectrique. Le groupe a russi se construire un environnement innovant d'exploitation des entreprises. Maintenant, l'ALEAP est un centre unique pour les femmes entrepreneuses, qui leur offre motivation, conseils, informations sur les projets, avis sur les prescriptions statutaires et rglementaires, formation, et qui gre leur financement et leurs alliances de march et ralise l'infrastructure et les projets.

En 2005, l'ALEAP a annonc le lancement de sa nouvelle initiative "EU-India Network of Women Entrepreneurs", un projet financ par la Commission europenne dans le cadre du Fonds pour les petits projets de l'Union europenne et de l'Inde et par le Ministre fdral de la coopration conomique et du dveloppement. D'autres partenaires sont notamment InWEnt-Internationale Weiterbildung und Entwicklung gGmbH et Capacity Building International, Cologne en Allemagne. Dans le cadre du projet, les entrepreneuses bnficient d'une formation dans les secteurs de l'industrie alimentaire et du prt--porter, qui leur permet de produire, sans nuire l'environnement, des produits concurrentiels l'chelle mondiale. Ce projet permet aux productrices, en leur facilitant la mise en rseau avec des organismes dans l'Union europenne, d'accder aux marchs mondiaux.

Le projet concerne deux secteurs importants: le secteur de l'industrie alimentaire et celui du prt--porter. Avec la suppression des quotas dans le secteur du prt--porter compter du 1er janvier 2005, des efforts supplmentaires ont t ncessaires pour conserver les parts de march existantes et accder de nouvelles parts. Dans le secteur de l'industrie alimentaire, l'augmentation de la faible part de l'Inde sur le march mondial est susceptible d'accrotre l'emploi rural et de donner un coup de fouet la croissance conomique.

4.5 Liens avec les documents de référence

Un manuel en deux parties pour les praticiens - La promotion de l'entrepreneuriat fminin (Direction suisse du dveloppement et de la coopration)

Dveloppement de l'entrepreneuriat fminin (WED) de l'OIT et (WED) Capacity Building Guide

IFC's Women in Business Program et Exemples de cas WIN (La Socit financire internationale et Women In Business)

DFID/IDPM's Women's ICT Based Enterprise for Development manuels d'orientation pratique (Department for International Development et University of Manchester's Institute of Development Policy and Management)

World Bank ICTs for Women's Socio-economic empowerment

http://www.womenictenterprise.org/manworkshop.htm pour un certain nombre d'tudes de cas prsents l'atelier de 2006 sur Women's ICT-based enterprise for development

Journal of Community Informatics (http://ci-journal.net) sur Gender in Community Informatics (juillet 2010)

5 Lignes directrices à l'intention des ministères, des autorités chargées de la réglementation et du secteur privé

Dans le prsent chapitre est donne une srie de listes de vrification dont le but est de garantir que les hommes et les femmes ont les mmes chances d'employer les TIC, d'en bnficier et de participer aux centres communautaires TIC. Le chapitre prsente une liste rcapitulative que les planificateurs de projets peuvent employer en vue d'examiner les opportunits qui auraient pu leur chapper. La premire partie de ces listes de vrification contient des questions lies l'intgration de la sexospcificit dans le cycle des projets de mise en place d'un centre communautaire TIC. La deuxime partie passe en revue les questions sexospcifiques qui apparaissent dans les projets et les lments employant les TIC. La troisime partie donne des liens avec un choix d'outils et de lignes directrices accessibles en ligne.

5.1 Analyse et évaluation de la problématique hommes-femmes dans la mise en place d'un centre

Identification des besoins et conception

• Quels sont les besoins spcifiques des hommes et des femmes, s'agissant des TIC lies au projet? Les besoins tant des hommes que des femmes ont-ils t pris en compte lors de la dfinition des objectifs du projet? Ont-ils tous deux, les hommes comme les femmes, particip l'tablissement des objectifs et des attentes?

• Quelle est la rpartition du travail en fonction du sexe dans la population vise par le projet? Les TIC employes dans le projet peuvent-elles renforcer la productivit et l'apprentissage des hommes et des femmes, ou leur accs aux ressources et le contrle de celles-ci?

• Quelles sont les contraintes qui pourraient empcher les hommes ou les femmes de participer quitablement au centre? Y a-t-il des obstacles ou des contraintes qui pourraient influer sur l'accs des hommes ou des femmes aux opportunits, aux ressources et la prise de dcision?

• L'incidence du projet sur la sgrgation sexuelle dans la population vise a-t-elle t examine? Le projet pourrait-il nuire la situation des femmes? Si des retombes ngatives sont escomptes, le projet peut-il tre adapt de faon les viter?

Prparation du projet

• Les reprsentants des femmes, les organismes et les membres de la communaut œuvrant pour l'quit entre les sexes ont-ils t consults au cours du processus de planification du projet?

• L'quipe de conception du projet et le personnel charg de sa mise en œuvre, en particulier les fournisseurs des TIC, sont-ils soucieux d'quit entre les sexes? S'ils ne le sont pas, pourraient-ils bnficier d'une formation les sensibilisant l'quit entre les sexes?

• Des efforts ont-ils t faits en vue d'un recrutement paritaire du personnel et des consultants?

• Y a-t-il un expert en questions sexospcifiques dans l'quipe du projet?

Mise en œuvre du projet

• Le projet comporte-t-il des mesures visant assurer aux hommes et aux femmes les mmes opportunits et accs?

• S'il apparat que les femmes seraient sous-reprsentes dans les activits du projet, existe-t-il des mesures spcifiques pour les cibler?

• Les institutions qui fournissent des services dans le cadre du projet sont-elles soucieuses d'quit entre les sexes?

• Les hommes et les femmes ont-ils un accs quitable aux ressources TIC du projet, notamment le crdit, la formation et les services?

• Des partenariats peuvent-ils tre tablis pour renforcer la communication et amliorer l'accs afin de garantir l'galit des sexes?

• Des consultations rgulires sont-elles tenues avec l'ensemble des principales parties intresses?

Suivi et valuation du projet

• Quelles sont les mesures prvues pour recueillir les ractions des hommes et des femmes en tant qu'usagers?

• Les donnes de suivi du projet seront-elles ventiles selon le sexe?

• Des indicateurs pouvant tre mesurs l'aide de donnes ventiles selon le sexe ont‑ils t identifis?

• L'analyse de la problmatique hommes-femmes fait-elle partie du mandat de l'quipe d'valuation?

• La participation des hommes et des femmes est-elle quilibre au sein de l'quipe d'valuation?

• Des donnes et des indicateurs ventils selon le sexe seront-ils recueillis et analyss?

Mesure des rsultats

• Des rsultats positifs en matire de sexospcificit sont-ils escompts? Parmi ceux qui pourraient ventuellement dcouler des projets TIC, on peut citer:

– l'amlioration des possibilits pour les hommes et les femmes d'accder aux TIC, de les utiliser et d'en tirer profit;

– l'encouragement du contrle partag des prises de dcision et sur des ressources lies aux TIC;

– l'amlioration du revenu des femmes rsultant de l'emploi des TIC dans le projet;

– l'augmentation grce au projet du nombre de femmes employant les TIC;

– le renforcement de l'accs aux informations pertinentes pour les femmes et les hommes.

5.2 Lignes directrices à l'intention des autorités chargées de la réglementation

Libralisation du secteur

• La libralisation du secteur est-elle encourage en vue d'attirer les investissements et de rduire les prix pour l'utilisateur final, rendant ainsi les tlcommunications et les TIC plus abordables pour les hommes et les femmes?

• Est-il envisag de rduire les droits de douane levs sur les tlphones portables et sur l'quipement informatique, qui dissuadent les femmes utilisatrices, susceptibles d'avoir moins de revenus disponibles que les hommes?

• L'autorit nationale charge de la rglementation incite-t-elle les acteurs du secteur priv traduire dans les faits les objectifs sociaux et sexospcifiques, tels que l'accs universel?

• En change de la dlivrance des licences, l'autorit charge de la rglementation oblige-t-elle les fournisseurs de services fournir des services dans les zones mal desservies o les femmes sont les plus nombreuses?

• L'autorit charge de la rglementation finance-t-elle la recherche, le dveloppement et les essais de la technologie qui sera mise au service des femmes?

• Le traitement quitable des sexes fait-il partie des obligations auxquelles sont soumis les oprateurs de tlphonie mobile assurant des services communautaires?

Cadres rglementaires

• Les autorits charges de la rglementation autorisent-elles la revente des services de tlphonie mobile, que les femmes pourraient transformer en activits commerciales rentables?

• Dans le cadre rglementaire, a-t-il t envisag de rduire les redevances pour les licences, les divers prix et les taxes d'interconnexion de manire rendre les TIC plus accessibles aux femmes?

Licence

• A-t-il t envisag de rduire la redevance pour les tlcommunications, la fourniture de services Internet et les licences pour les services mobiles de manire rendre les cots plus abordables aux femmes et aux pauvres?

• A-t-il t envisag de dlivrer des licences spciales aux oprateurs en zones rurales ou aux oprateurs des centres communautaires TIC, en particulier ceux qui sont exploits par et pour les femmes?

• L'attribution des licences est-elle soumise des conditions visant encourager l'analyse et la prise en compte systmatique de la problmatique hommes-femmes au sein de la socit bnficiant de la licence?

Accs universel

• Les politiques concernant l'accs universel insistent-elles sur les points d'accs public en tant qu'alternatives aux choix plus onreux (une ligne par foyer), et garantissent‑elles que l'emplacement des points d'accs public tient compte de la problmatique des femmes (par exemple que les points d'accs ne sont pas seulement situs dans des bars ou des magasins d'quipement automobile mais aussi dans des coles, des dispensaires et dans des marchs couverts)?

• Lorsque l'accs aux TIC est examin, on doit se demander si les femmes y ont accs. Dans la ngative, quelles sont les mesures pouvant tre prises afin qu'elles aient accs?

Obligations en matire de service universel

• Lorsque les autorits charges de la rglementation demandent l'tablissement de tlcentres dans des zones mal desservies, dans le cadre des obligations de service universel du dtenteur de licence, les diffrents besoins des hommes et des femmes dans les communauts concernes ont-ils t examins?

• La fourniture de services propose dans les zones mal desservies tient-elle compte de la rpartition gographique hommes-femmes au sein de la population?

• Les femmes dfavorises et/ou rurales, telles que les mres clibataires, les veuves ou les femmes handicapes bnficient-elles d'une quelconque priorit en ce qui concerne le service, les subventions ou une tarification spciale?

Facteurs responsables du cot trop lev des tlphones portables pour les femmes45

Outre le cot d'achat lev des combins, les utilisatrices pauvres sont susceptibles de gaspiller de l'argent en tentant de se connecter dans des zones o la couverture de signal est mauvaise. Elles risquent d'tre factures mme quand elles n'ont pas russi se connecter. Par ailleurs, lorsque les cartes de tlphone expirent rapidement (par exemple dans les 15jours), elles doivent souvent payer un complment aprs l'expiration de cette priode. De mme, lorsqu'une femme doit utiliser le seul argent qui lui reste pour appeler des membres de sa famille et leur demander de lui faire un versement, mais que son message ne passe pas cause d'une mauvaise couverture, elle peut nanmoins tre oblige de payer cet appel. La tarification de certains fournisseurs de services ne tient pas compte du fait que certains appels n'aboutissent pas.

45Rural women’s use of cell phones to meet their communication needs: a study from northern Nigeria, Kazanka Comfort and John Dada in Buskins and Webb 2009 (ibid)

5.3 Liste de vérification à l'intention des fournisseurs de contenus et des formateurs

Cours et formation concernant les TIC

• Y a-t-il des femmes instructrices ou formatrices?

• Le matriel de formation est-il accessible aux populations analphabtes et aux personnes parlant un dialecte local?

• Lorsque les populations analphabtes cherchent acqurir des comptences en TIC, leur analphabtisme est-il aussi pris en compte, par exemple au moyen d'une formation en ligne?

• Est-ce qu'un soutien ou un amnagement supplmentaire est ncessaire pour les femmes, par exemple un service d'accueil pour les enfants?

• Les activits de formation, les heures d'accs et les lieux sont-ils compatibles avec les emplois du temps quotidiens des femmes et les ventuelles restrictions de dplacement?

Projets TIC et projets ducatifs

• Des efforts ont-ils t consentis pour garantir que les femmes et les jeunes filles aient un accs quitable aux TIC dans des coles et dans d'autres tablissements d'enseignement?

• La programmation de l'accs et de la formation tient-elle compte des tches mnagres qui incombent aux jeunes filles et aux femmes?

• Existe-t-il des problmes d'ordre culturel ou social qui exigent que l'instruction sur les TIC soit dispense sparment aux femmes et aux hommes?

Systmes d'apprentissage et de formation

• Les femmes ont-elles un accs gal la formation technique?

• Des efforts ont-ils t faits pour que des femmes soient prsentes parmi les bnficiaires de la formation, lorsque sont introduits le matriel informatique et les systmes informatiques?

• La participation des femmes et des jeunes filles a-t-elle t facilite par des amnagements tenant compte de leurs rles multiples et des contraintes culturelles?

• Existe-t-il des schmas permettant aux femmes d'accder ces domaines et ces programmes de formation ou d'tre des modles pour les jeunes filles?

• Existe-t-il des possibilits de formation sur l'emploi des TIC, destines non seulement aux techniciens mais aussi aux non-techniciens?

• Des tentatives ont-elles t faites pour trouver et slectionner des femmes participantes?

Projets d'apprentissage distance

• Les donnes sur les apprenants/utilisateurs sont-elles ventiles par sexe (en vue de montrer les ventuelles diffrences de participation entre les sexes des utilisateurs)?

• Les besoins d'information et d'apprentissage tant des hommes que des femmes sont‑ils pris en compte dans l'laboration des programmes?

• Le contenu des programmes convient-il aux hommes comme aux femmes?

• Les femmes participant aux cours sont-elles soumises des contraintes (les cours destins aux fonctionnaires sont-ils par exemple dispenss des moments qui conviennent aux femmes)?

• L'apprentissage distance permet-il une certaine souplesse dans la programmation et le lieu, pour rpondre aux besoins tant des hommes que des femmes?

• Les sujets et les comptences techniques diffrent-ils selon les sexes, exigeant des mesures visant y remdier ou en tenir compte?

• Existe-t-il, parmi les bnficiaires cibls, des diffrences en fonction des sexes pour ce qui est des aptitudes pour les langues? Par exemple, si les cours sont donns en anglais, les femmes sont-elles moins susceptibles de matriser cette langue?

• Le texte du contenu du cours tient-il compte de la sexospcificit (par exemple dans l'administration publique)?

Projets de mise au point de contenu TIC

• Les informations ou le contenu sont-ils dispenss de manire tre facilement accessibles aux femmes et aux hommes des niveaux variables d'alphabtisation, d'ducation et de statut conomique?

• Les informations sont-elles mises disposition de tous les utilisateurs, indpendamment de leur classe, de leur race ou de leur sexe?

• Des occasions sont-elles donnes aux femmes de dbattre des informations reues et des faons de surmonter les obstacles socio-conomiques auxquels elles se heurtent?

• Quelles ont t les mesures prises pour protger les connaissances traditionnelles des femmes, en particulier celles qui concernent les cultures et les plantes, de manire les prserver, les utiliser sans les exploiter, et les breveter le cas chant?

Mise au point des systmes d'information (notamment dans le secteur de la sant, dans le secteur juridique et dans le secteur financier)

• Les femmes disposent-elles d'un accs quitable aux informations du systme?

• Les informations rpondent-elles leurs besoins?

• Les hommes et les femmes ont-ils un accs quitable la formation ncessaire pour employer le systme?

• Des tentatives ont-elles t faites, le cas chant, pour incorporer les connaissances autochtones des femmes?

Le Guide de la Commission conomique et sociale de l'ONU pour l'Asie et le Pacifique (CESAP), fond sur l'exprience malaisienne, prsente un ensemble de facteurs de russite qui peuvent guider la mise en place de centres communautaires TIC. Ils sont numrs ci‑aprs.

Pour information: Facteurs de russite pour les centres informatiques communautaires (CIC) en Malaisie

• Se concentrer sur la population, l'organisation, le contenu et les processus plutt que sur les technologies

• Rechercher les besoins rels et les objectifs socio-conomiques de la communaut;

• Fournir les TIC et les services, rpondant aux besoins de la communaut, par le biais des CIC

• Reprer les personnalits locales qui peuvent motiver et mobiliser la communaut

• Tirer parti des forces et des ressources locales au cours du dveloppement (planification, mise en œuvre, exploitation, valuation et suivi) des CIC

• Mettre au point des plans d'action et des modles viables garantissant la persistance et la croissance des CIC

• Assurer l'valuation et le suivi permanents de la performance des CIC

• Encourager et dvelopper des partenariats aviss (gouvernement, industrie, ONG et communaut) en vue d'laborer des stratgies et de mettre en application les objectifs des CIC

• Continuer former et duquer le personnel des CIC et la communaut

Source: Guidebook on Developing Community E-Centers in Rural Areas: Based on the Malaysian experience, CESAP, 2006

5.4 Liens avec les documents de référence, les outils en ligne et les guides

Connecting the first mile: investigating best practice for ICTs and information sharing for development46

Guidebook on Developing Community eCenters in Rural Areas (Based on Malaysian experience, UNESCAP, NY 2006) http://www.ictregulationtoolkit.org/en/Publication.3372.html

Telecottage handbook: How to establish and run a successful telecenter (June 2006, UNDP Europe and the CIS) http://www.is-watch.net/node/758

Training telecenter managers, staff and users (2001, Commonwealth of Learning, Bill Murray and Cathy Murray Small World Connections, UK Simon Brooks Staffordshire County Council and Training Director, UK Telework, Telecottage and Telecenter Association (TCA) ) http://www.col.org/SiteCollectionDocuments/chapter%2018.pdf

Sustainable Telecenters: Public policy for the Private Sector. (2003, World Bank) http://rru.worldbank.org/Documents/PublicPolicyJournal/251Welle-121302.pdf

ITU/InfoDev ICT Regulation Toolkit (2004) http://www.ictregulationtoolkit.org/en/index.html

46Surmaya Talyarkhan, David J. Grimshaw, Lucky Lowe (Intermediate Technology Development Group – ITDG)

47Ce rapport, qui est un guide pratique pour le travail lectronique domicile, ainsi qu'une source utile d'expriences acquises et d'enseignements tirs, a t tabli par des membres du mouvement telehz. L'exprience hongroise est utilise comme rfrence tout au long du rapport. La publication vise des professionnels des TIC, des professionnels du dveloppement communautaire et des administrateurs publics qui souhaitent amliorer la fourniture des services sociaux l'chelle locale et qui sont conscients que les tlcentres peuvent tre mis au service de la rduction de la pauvret au niveau individuel, local et communautaire.

6 Cadres politiques sexospécifiques internationaux et régionaux

En appelant "les jeunes filles et les femmes participer et s'intresser activement aux prises de dcisions lies l'dification de la socit de l'information", le Sommet mondial sur la socit de l'information (SMSI) a reconnu l'importance d'une plus grande prsence des femmes. Le lien est fort entre les femmes, les TIC et les Objectifs du Millnaire pour le dveloppement (OMD). Les TIC peuvent par exemple faciliter la ralisation de l'OMD 3, visant promouvoir l'galit des sexes et l'autonomisation des femmes.

Plusieurs exemples montrent que les TIC sont des outils de plus en plus importants pour l'autonomisation des femmes, les femmes tant les principales utiliser les TIC des fins de dveloppement. Malgr les problmes sexospcifiques importants qui peuvent se poser aux femmes en tant qu'utilisatrices et employes, notamment le grand nombre de femmes qui travaillent dans les centres d'appel et comme entrepreneuses, la recherche sur les problmes sexospcifiques lis aux TIC reste minimale. Cela ncessite une attention renouvele. Il est essentiel pour la ralisation d'un certain nombre de traits et d'objectifs internationaux d'œuvrer renforcer l'accs des femmes aux TIC. Bien que la liste ci-aprs ne soit pas exhaustive, elle mentionne quelques-uns des cadres les plus importants.

6.1 Cadres politiques internationaux

La prsente section dcrit les principaux accords et conventions au niveau international, qui concernent le traitement quitable des sexes et portent sur la rglementation, les politiques et les services TIC.

Convention sur l'limination de toutes les formes de discrimination l'gard des femmes (CEDAW)

La Convention dfinit la discrimination l'gard des femmes comme "toute distinction, exclusion ou restriction fonde sur le sexe qui a pour effet ou pour but de compromettre ou de dtruire la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice par les femmes … des droits de l'homme et des liberts fondamentales dans les domaines politique, conomique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine". Les TIC sont un lment essentiel qui permet aux femmes de bnficier de leurs droits fondamentaux dans ces sphres et elles sont donc essentielles pour une application concrte de la Convention.

http://www.un.org/womenwatch/daw/cedaw

Les Objectifs du Millnaire pour le dveloppement

Les Objectifs du Millnaire pour le dveloppement (OMD) sont un ensemble, accept par tous, d'objectifs cls qui doivent permettre de relever les principaux dfis en matire de dveloppement dans le monde. Ils ont t adopts par l'Assemble gnrale des Nations Unies en 2000. Ils sont au nombre de huit et se dcomposent en 21 objectifs quantifiables qui peuvent tre mesurs l'aide de 60 indicateurs. L'ONU recommande que tous les indicateurs soient ventils selon le sexe. Mais en fait, l'UIT et les autres institutions de l'ONU charges des indicateurs OMD ont beaucoup de mal recueillir des donnes fiables ventiles selon lesexe, en particulier dans les pays en dveloppement. Mme si tous les OMD tiennent compte systmatiquement de la problmatique hommes-femmes, l'OMD 3 concerne plus particulirement l'autonomisation des femmes:

OMD 3: Promouvoir l'galit des sexes et l'autonomisation des femmes

Les TIC sont un excellent moyen pour crer des opportunits dans les secteurs de l'ducation, de l'emploi et de l'accs aux informations, et elles ont le pouvoir de neutraliser en majeure partie la discrimination laquelle les femmes doivent traditionnellement faire face. La souplesse d'emploi des TIC dans les secteurs de l'ducation et du travail permet aux femmes d'assurer quitablement leurs responsabilits familiales et sociales et peut aider surmonter les problmes de dplacement. Pour l'essentiel, les TIC augmentent la capacit des femmes agir de manire autonome et leur permettent de mieux bnficier de leurs droits. Les TIC peuvent en particulier contribuer atteindre la cible de l'OMD 3 qui est de: "liminer les disparits entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire … et tous les niveaux de l'enseignement en 2015, au plus tard." Elles peuvent aussi jouer un rle important dans l'amlioration des trois indicateurs de l'OMD 3:

3.1 La proportion des filles par rapport aux garons dans l'enseignement primaire, secondaire et tertiaire

3.2 La proportion des femmes employes dans le secteur non agricole

3.3 La proportion des femmes parlementaires

Les TIC sont directement concernes par ces objectifs, aussi bien comme cause que comme effet. C'est--dire que le renforcement de l'accs des femmes aux TIC contribuera atteindre ces objectifs, et que la ralisation de ces objectifs permettra aussi de renforcer l'accs des femmes aux TIC. L'UIT est l'institution d'excution de l'ONU, charge des indicateurs lis aux TIC.

OMD 8: Mettre en place un partenariat mondial pour le dveloppement

Les TIC sont aussi directement concernes par l'OMD 8f: "En coopration avec le secteur priv, faire en sorte que les nouvelles technologies, en particulier les technologies de l'information et de la communication, soient la porte de tous." Les TIC contribueront amliorer les trois indicateurs de l'OMD 8, notamment:

8.14 Accrotre le nombre de lignes tlphoniques fixes

8.15 Accrotre le nombre d'abonns la tlphonie mobile

8.16 Accrotre le nombre d'utilisateurs de l'Internet

La date cible pour la ralisation des OMD est 2015. L'amlioration de l'accs des femmes aux TIC est mentionne dans sept OMD spcifiques, et figure elle-mme comme un objectif au sein du huitime objectif.

http://www.un.org/millenniumgoals/

Cibles du Sommet mondial sur la socit de l'information

Le Sommet mondial sur la socit de l'information (SMSI) est une initiative de l'Union internationale des tlcommunications (UIT).Son objectif est d'"laborer le cadre d'une socit de l'information ouverte tous et quitable" et de rechercher des manires d'employer les TIC pour atteindre les objectifs de dveloppement, tels que ceux qui sont contenus dans la Dclaration du Millnaire.

http://www.itu.int/wsis/index.html

Documents de stratgie pour la rduction de la pauvret

Les documents de stratgie pour la rduction de la pauvret (DSRP) sont des schmas devant permettre de rduire la pauvret dans les pays en dveloppement, tablis par les gouvernements en collaboration avec la socit civile et bnficiant d'apports de la Banque mondiale et du Fonds montaire international. Ils mettent l'accent sur les indicateurs sociaux et sur le renforcement de la capacit des agents de l'Etat rguler l'conomie. Dans les 29DSRP analyss en 2003, 12 pays (Albanie, Azerbadjan, Cambodge, Cameroun, Gambie, Ghana, Mali, Mozambique, Niger, Rwanda, Sri Lanka et Tchad) ont dfini et class les TIC comme tant un lment stratgique dans la rduction de la pauvret et les ont examines de faon indpendante dans leurs DSRP.

http://www.imf.org/external/np/exr/facts/prsp.htm

6.2 Cadres politiques régionaux

L'infrastructure des TIC tend tre rgionale, en raison des frontires imposes par les technologies hertziennes et les technologies fibres optiques, ce qui explique pourquoi les cadres politiques des TIC ont souvent les mmes frontires rgionales.

Secrtariat de la Communaut des Carabes (CARICOM)

La stratgie en matire de TIC de la CARICOM est un instrument permettant de renforcer la connectivit et le dveloppement en vue de promouvoir une plus grande prosprit et une plus forte volution sociale entre les tats membres et en leur sein, et le reste du monde. Dans la CARICOM, on continue privilgier la prise en compte des activits et du dveloppement des TIC en vue d'atteindre les Objectifs du Millnaire pour le dveloppement, en particulier ceux qui concernent la rduction de la pauvret, l'ducation et la sant, l'environnement et le traitement quitable des sexes.

http://www.caricom.org/jsp/projects/projects_ict.jsp?menu=projects

Association des nations de l'Asie du Sud-Est

L'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) est rgie par le Cadre e-ASEAN 2000 et par la runion annuelle des ministres des tlcommunications, dnomme TELMIN. L'ASEAN a fait un certain nombre de dclarations et a tabli des plans d'action sur les TIC. Concernant les tlcentres pour femmes, il faut mentionner la Dclaration de Siem Reap sur le renforcement de l'accs universel aux services TIC dans l'ASEAN (2007), o sont pris des engagements visant renforcer l'accs aux services TIC de manire que les communauts rurales et les zones recules de la rgion de l'ASEAN puissent disposer d'une connectivit et d'un accs gaux un prix abordable.

http://www.aseansec.org/6267.htm

Nouveau partenariat pour le dveloppement de l'Afrique

La Commission e-Africa du Nouveau partenariat pour le dveloppement de l'Afrique (NEPAD) est la branche TIC du NEPAD. Elle travaille sur des solutions long terme pour le dveloppement du secteur des TIC en Afrique. Elle cre des partenariats et collabore avec les gouvernements, les socits et les populations locales en vue de faire voluer positivement le secteur des TIC.

http://www.eafricacommission.org/

Union africaine

Le Plan d'action de l'Union africaine sur l'conomie du savoir vise construire une rgion bnficiant pleinement des services TIC d'ici 2015. Il invite l'Union africaine et les pays de la rgion adopter une dmarche tenant compte de la problmatique hommes-femmes afin de permettre aux femmes de disposer d'un meilleur accs aux TIC.

http://www.commit4africa.org/declaration/african-regional-action-plan-knowledge-economy-arapke-framework-action

http://www.uneca.org/aisi/docs/ARAPKE%20version%20of%20September%202005.pdf

Organisation des Etats amricains et la Dclaration de Saint-Domingue

La Dclaration de Saint-Domingue est un engagement, pris par 34 ministres des affaires trangres de l'Organisation des Etats amricains, appliquer toutes les mesures ncessaires pour dvelopper les TIC dans leurs pays. La dclaration reconnat l'importance de la sexospcificit et la ncessit de renforcer l'accs quitable des femmes aux bnfices des TIC. Elle vise aussi assurer que les TIC deviennent un outil essentiel pour l'autonomisation des femmes et la promotion de l'galit des sexes. Les politiques, les programmes et les projets doivent tenir compte des ingalits entre les sexes, s'agissant de l'accs aux TIC et de leur emploi.

http://www.realinstitutoelcano.org/materiales/docs/997/DECSANTODOMe04.pdf

7 Observations finales

En fait, les TIC ne sont plus une technique en option pour d'autres services. L'emploi de l'Internet, de la tlphonie mobile et des sites de rseaux sociaux deviennent aussi courants que la tlvision, les journaux et la radiodiffusion. En consquence, ne pas avoir accs ces technologies est une forme d'analphabtisme en soi. Pratiquement toutes les institutions internationales et tous les gouvernements sont d'accord sur ce fait. L'Objectif du Millnaire pour le dveloppement 8 contient des cibles spcifiques concernant les TIC, et la prochaine srie de cibles, qui seront tablies partir de 2015, insistera encore plus sur le rle central des technologies de la communication et de l'informatique pour le dveloppement international.

En parallle, un nombre croissant de gouvernements et d'organisations internationales reconnaissent qu'il est important de rendre les femmes et les jeunes filles autonomes. L'autonomisation des femmes est, et doit tre l'avenir, principalement un objectif qui vise faire respecter les droits. Les femmes et les jeunes filles reprsentent la moiti de l'humanit, et toutes les stratgies politiques et conomiques doivent reconnatre explicitement ce fait. L'importance de l'autonomisation des femmes pour le dveloppement social et conomique est galement plus largement reconnue.

Les programmes visant employer les TIC comme outils afin de rendre les femmes autonomes sont donc directement lis deux des dfis majeurs en matire de dveloppement du dbut du XXIe sicle: renforcer l'accs aux TIC et rendre les femmes autonomes. Ces deux objectifs sont aussi lis de multiples autres objectifs en matire de dveloppement. Les recherches concrtes menes dans tous les coins du globe montrent que l'autonomisation des femmes contribue rduire la pauvret, la morbidit et la mortalit infantile, et favoriser la scolarisation des enfants. Comme l'a dclar M. Ban Ki-moon, Secrtaire gnral des Nations Unies: "Investir dans les femmes n'est pas simplement l'attitude correcte prendre, c'est l'attitude intelligente avoir.48"

Ainsi que le montre la slection d'tudes de cas contenus dans le prsent module, l'tablissement de centres communautaires TIC peut contribuer de faon importante ce que les femmes disposent d'un accs aux TIC et ce que cet accs se gnralise. Mais, tablir simplement le centre et supposer que les femmes vont y venir et l'utiliser n'est pas suffisant. Comme pour tout projet de dveloppement, les bnficiaires eux-mmes (dans ce cas les femmes l'chelle locale) doivent tre impliqus, ds la phase de conception. En outre, le centre doit correspondre aux besoins quotidiens des femmes qu'il dessert. Il doit tre entretenu sur le plan technique et doit tre conforme aux normes socioculturelles de la socit au sein de laquelle il est exploit.

Amartya Sen49dfend la thse selon laquelle le rle des femmes est central dans la socit du savoir. Selon lui, le savoir n'est pas destin uniquement la croissance conomique, mais devrait avant toute chose tre exploit pour rendre autonome et dvelopper toutes les couches de la socit, afin que celles-ci puissent comprendre et utiliser leurs connaissances pour amliorer leur qualit de vie et promouvoir le dveloppement social. Il ajoute qu'une socit du savoir solidaire rend autonome l'ensemble de ses membres et leur permet de produire, de recevoir, de partager et d'utiliser leurs informations et leurs connaissances pour leur dveloppement conomique, social, culturel et politique. Il est en consquence impratif du point de vue des femmes et des TIC que l'accent soit prioritairement mis sur les relations entre les sexes dans les secteurs de la communication et de l'apprentissage. Si nous procdons ainsi, nous verrons que la socit de l'information n'est pas une fin en soi mais constitue un progrs pour tout le monde.

48Secretary General speaking on women’s day, March 8th 2008, at UN Headquarters, New York. http://www.un.org/News/Press/docs/2008/obv684.doc.htm

49Sen, Amartya. (1999). Development as Freedom. New York: Anchor Books.

Credits

The Module on Community ICT Centres for the Social and Economic Empowerment of Women
was drafted by Ms. Nidhi Tandon, Director, Gender Consultant & Trainer, Networked Intelligence
for Development (NID), Toronto, Canada, an independent development consultancy that provides
policy advice and adult-training and know-how on a wide range of human, social and economic
development concerns offering a first-hand understanding of grassroots, small business and
government-level policy planning. NID can be found at www.networkedintelligence.com

Clara-Luz Alvarez, a partner in the law firm of Villanueva Álvarez y Asociados in Mexico City,
Mexico; Dr. Ghinwa Jalloul, CEO of Technology sarl, Lebanon and former member of the Lebanese
Parliament; and Ned Lawton, Development Consultant, Ned Lawton Ltd., London, were also
contributors to the module.

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Annex I: Données chiffrées concernant l'usage de la technologie

TABLEAU I: Nombre de personnes employant l'Internet (en un lieu quelconque)
au cours des 12 derniers mois, selon le sexe (en %), au cours de l'anne 2009
ou de la dernire anne disponible

Nombre de pays

Dernire anne

Sexe

Masculin

Fminin

Australie

2009

75,1

73,4

Austriche

2009

78,8

68,3

Azerbadjan

2009

32

23

Belgique

2009

79,5

72,9

Brsil

2009

40,6

37,9

Bulgarie

2009

47

43,1

Canada

2007

74,1

72,3

Chili

2006

36,5

32,6

Costa Rica

2008

33,8

30,8

Croatie

2009

55,4

46,1

Chypre

2009

53,3

46,6

Rpublique tchque

2009

66,4

62,5

Danemark

2009

87,9

85,8

Equateur

2008

26,6

24,9

El Salvador

2008

11

9,3

Estonie

2009

72

72,7

Finlande

2009

82,2

82,7

France

2009

70,8

72,3

Allemagne

2009

83,2

75,3

Grce

2009

49,2

40

Honduras

2008

9,4

9,8

Hong Kong, Chine

2009

72,9

66,1

Hongrie

2009

63,3

60,5

Islande

2009

94,7

92,2

Irlande

2009

65,9

68,8

Isral

2008

62,7

56,2

Italie

2009

54,1

43,6

Japon

2009

81,2

74,8

Core (Rp. de)

2009

85,9

77,1

Lettonie

2009

67,8

66

Liban

2005

12,5

7,9

Lituanie

2009

60,8

58,8

Luxembourg

2009

92,1

82,5

Macao, Chine

2008

51,5

47,1

Malte

2009

61

56,7

Maurice

2008

23,5

20,2

Mexique

2009

29,8

27

Pays-Bas

2009

92,4

86,9

Nouvelle-Zlande

2009

79,8

79,6

Nicaragua

2006

9,6

10

Norvge

2009

94,8

89,3

Oman

2007

18,8

13,7

Autorit palestinienne

2009

38,1

26,2

Paraguay

2008

15

13,5

Prou

2008

34,5

26,8

Pologne

2009

61,1

57,1

Portugal

2009

52,8

43,9

Qatar

2009

80

78,3

Roumanie

2009

38,4

34,8

Serbie

2009

47,3

36,3

Slovaquie

2009

77,1

73,3

Slovnie

2009

65,7

62,9

Espagne

2009

65,7

59,5

Sude

2009

91,2

90,4

Suisse

2008

82,9

71,8

ex-Rpublique yougoslave de Macdoine

2009

54

49,5

Thalande

2009

19,8

20,4

Turquie

2009

46,8

26,3

Ukraine

2008

12,2

9,1

Royaume-Uni

2009

84,5

81,2

Etats‑Unis

2009

67,9

68,8

Notes: Les tranches d'ge varient selon les pays.
1) Au cours des 3 derniers mois. 3) Echantillons. 5) Au cours du dernier mois. 7) Au cours des 6 derniers mois.

Source: Union internationale des tlcommunications, World Telecommunication/ICT Indicators database 50

TABLEAU II: Possession et usage des tlphones portables en fonction de l'ge des femmes dans les pays faible revenu et revenu intermdiaire51

Age

Personnel

Emprunt

Sans

14 – 20

61

29

10

21 – 27

65

27

8

28 – 36

65

20

15

37 – 49

60

20

20

50 – 74

50

25

25

Il ressort d'une enqute de la Cherie Blair Foundation de 2010 que, parmi les femmes, c'taient les jeunes filles et les jeunes femmes ges de 14 27 ans dont le taux de possession d'un tlphone portable tait le plus lev.

50International Telecommunication Union. (2010). Measuring the Information Society. (http://www.itu.int/ITU-D/ict/publications/idi/2010/index.html) http://www.itu.int/ITU-D/ict/publications/idi/2010/Material/MIS_2010_without%20annex%204-e.pdf

51Women & Mobile: A Global Opportunity A study on the mobile phone gender gap in low and middle-income countries, Cherie Blair Foundation 2010

Annex II: Case Studies: Community ICT centers and ICT applications that cater to women’s needs

List of Case Studies

I. Advancing Learning and Employability for a Better Future (ALEF) in Morocco
II. CISCO Systems Networking Academy
III. Datamation Gender Resource Center, India
IV. Guanabanet – The Taiguey Foundation in the Dominican Republic
V. IKRAA - Computer Based Software for Illiteracy Eradication in Lebanon and Egypt
VI. Rural Knowledge Centers in India
VII. School-Net Uganda - Inspiring Science for Girls Using ICTs in Uganda
VIII. Thai Telecenter Movement
IX. The Women’s Technology Empowerment Center (W.TEC) – Nigeria
X. Modemmujer - ICT literacy and women’s citizen participation in Mexico

Case Studies